‹ Les médaillonsChapitre 20 sur 53 · A HENRI FAUVEL · texte numérisé non relu

A HENRI FAUVEL

Dans les vieux clochers de granit Que l'aube éveille et que jaunit

Le jour levant, Dont frissonnent au moindre vent

Les croix latines, Sonnez, ô cloches argentines, Sonnez pour Dieu, sonnez matines !

Pour les silencieux soldats

Qui vers la Mort marchent au pas

Sous le drapeau, Dévouant leur âme et leur peau

Au jeu des balles, — Sonnez, fanfares triomphales !

Sonnez, clairons ! sonnez, cymbales !

Pour nosseigneurs les Turcarets, Au fond des avares coffrets

Pleins de soleils, Sonnez, doublons, écus vermeils !

Sonnez, piastres !

En dépit des philosophasses Sonnez, ducats aux lueurs d'astres !

Pour les amants au cœur loyal Qui sous bois cherchaient l'idéal

Et l'ont trouvé, Quand bat mollement soulevé

Le sein des filles, Sonnez, sonnez, sonnez, ô trilles Des rossignols sous les charmilles !

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