ÉCLAIRCISSEMENTS
Les Commentaires de la Faculté de médecine, xlnnécs 1395 à 1792. — II. Autopsie du corps de Charles IX. Juin 1574. — III. Autopsie du corps de Henri III. Aoiit 1589. — IV. Conseils donnés aux médecins par Etienne Pasquier. Vers 1600. — V. Cérémonies observées quand le Roy se communie. — VI. Cérémonies observées le jour du jeudy sainct au lavement des pieds des pauvres. — VII. Cérémonies observées quand le Roy touche les malades des escrouelles.
Les Commentaires de la Faculté
Sous cette dénomination de Comm.entaires, qui est prise ici dans son acception latine, la Faculté de médecine de Paris possède les documents les plus précieux que l'imagination d'un historien puisse rêver.
Dès l'origine, chaque doyen était tenu de rédiger une espèce de compte rendu ou de journal, sur lequel il inscrivait minutieusement tous les faits
' Voy. ci-dessus, p. 16.
relatifs à son décaiiat : Recettes et dépenses de l'école, ses relations avec l'Université, l'Egflise et le roi, les décisions prises dans ses assemblées solennelles, les noms des professeurs et des élèves, les examens subis, les tlièses soutenues, etc., etc. Cette obligation fut, selon toute apparence, imposée au doyen depuis le moment ou la Faculté se forma en compa(>nie distincte •, c'est-à-dire dès le début du treizième siècle. Les premiers registres sont malheureusement perdus, et ceux que possède l'école ne commencent qu'à l'année 1395; encore les deux plus anciens, représentant la période de soixantedix-sept ans comprise entre 1395 et 1472, ne sontils rentrés à la Faculté qu'au milieu du dix-septième siècle, sous le décanat de Gui Patin.
Dans le premier de ces précieux comptes rendus, nous voyons le doyen déclarer , le 6 novembre 1395, qu'il a reçu « papirum aliam, iinmediate precedentem, quinque codices continentem. » Sans admettre avec Riolan qu'on veuille désigner ainsi u cinq gros volumes des affaires de l'eschole ^, » cette phrase prouve bien qu'il existait des registres de ce genre antérieurs à ceux que nous possédons, et il est très vraisemblable qu'ils remontaient à l'origine de la Faculté.
On ne saurait trop regretter la perte de ces admirables documents, dont les premiers doyens ne semblent guère avoir compris l'importance. Disons pourtant, à leur décharge, que l'école n'eut qu'assez
' Voy. ci-dessus, p. 32.
'■^ Curieuses recherches sur les escholes en médecine, p. 28.
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tard un centre fixe, et que ces re^jistres, conservés chez les doyens, chan(;eaient bien souvent de place et de mains. Puis vinrent les troubles de Paris sous Charles Y et Charles VI, la domination anglaise sous Charles VII ; les doyens s'enfuyaient ou mouraient, abandonnant les papiers de la Faculté à des étrangers qui n'en connaissaient pas le prix ou ne savaient à qui les remettre ^
Le 20 décembre 1650, Gui Patin était doyen; un de ses amis, qu'il désigne seulement par ces mots il virum optimum et medicae Facultatis amantissimum, » lui apporta a un vieux registre en lettres abrégées et presque gothiques, dans lequel étoient marqués, de deux en deux ans, le nombre des docteurs et des licenciés^, j) Enfin, le 16 février 1651, la même personne restitua un second volume qui fait suite au précédent, et comprend les années 1435 à 1472. Ce sont les deux plus anciens registres que conserve aujourd'hui la Faculté, et il y avait cent quatre-vingts ans qu'ils avaient disparu quand ils lui ont été restitués. Les faits qui précèdent sont attestés par Patin lui-même dans une note écrite sur le compte rendu de son décanat ^ Ces deux
' Gui Patin termine ainsi une note que je citerai tout à l'heure : « Hortor itaque decanos onines qui mihi in liac administranda provincia sunt successuri, imo et obtestor ac rogo singulos ut utrumque codicem pro suuimo ordinis nostri commode exacte custodiant, nçc deinceps patiantur apud privatum quemquam doctorem vagari, ne iterum perdant. » Commenlaria inedicinœ Facultatis, t. XIII, p. 463.
' Gui Patin, Lettres, 30 décembre 1650, t. II, p. 578.
' « Est etiam observandum, me, initie mei decanatus, mensis decembris die 20 anni 1650, récupérasse per amicum.
volumes étaient, à ce qu'il parait, restes cachés chez les descendants d'un ancien doyen; ceux-ci, voyant approcher le jubilé de 1650, se firent conscience de les retenir plus longtemps '. Mais déjà sans doute les registres antérieurs à 1395 étaient anéantis.
Les Cominentaires de la Faculté de médecine se composent aujourd'hui de vingt-cinq registres. Les six premiers sont de format petit in-folio; les autres, à partir du tome VII, deviennent subitement grand in-folio. Tous sont reliés en parchemin, et, jusqu'au tome XVIII, chaque volume est muni de fermoirs très simples en cuivre.
Ces registres contiennent, sans interruption, tous les comptes rendus rédigés par les doyens depuis l'année 1395 jusqu'à l'année 1792, dans l'ordre suivant :