LE MARTYROLOGE DE L’ANTIMOINE
« Il a eu raison, dit-il, d’intituler son livre : /’ Antimoine triomphant; car pour triompher, il fallait en avoir tué pour le moins six mille1... 11 en a plus tué que n’a fait le roi de Suède en Allemagne. »
Du reste, qu’on ne lui demande pas des raisons et des preuves. « L’antimoine a été condamné par deux décrets solennels de notre Faculté, tous deux autorisés de la cour de Parlement, par arrêt, l’un en 1366, et l’autre en 1613. Il fallait premièrement casser ces deux décrets par trois assemblées tenues exprès ; on n’a rien fait de tout cela, et ainsi Y antimoine demeure poison, » Pour Guy Patin, cet argument est sans réplique. Il travaille avec ardeur au Martyrologe de r antimoine , et Dieu sait avec quelle bonne foi et quelle critique ! Il ne meurt pas un personnage illustre, sans qu Aussitôt il aille aux informations : « M. *** a-t-il pris de l’antimoine?» Et s’il en a pris, cela lui suffit: c’est un martyr de plus. Ses lettres sont pleines de ces morts éclatantes, qui sont pour lui autant de victoires. Il n’hésite pas à accuser Guénaut d’avoir ainsi empoisonné sa femme, son neveu, sa fille et ses deux gendres; bien plus, lorsque Guénaut lui-même vient à mourir, il lui paraît démontré qu’il est mort de sa drogue favorite. — Celuilà du moins pouvait passer pour un martyr!
Avec de telles dispositions, on peut imaginer ce que devait être son enseignement. « Surtout fuyez les livres