‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 117 sur 223 · DANS LES DEUX FACULTÉS · texte numérisé non relu

DANS LES DEUX FACULTÉS

nous trouvons les rôles à peu près intervertis. Non certes que Paris fût vitaliste , ni Montpellier organicien ; ces mots n’étaient pas même inventés. Mais c’était alors Paris qui tenait à honneur de représenter fidèlement la tradition, et se donnait la tâche de réagir énergiquement contre toutes les innovations; c’était Paris qui protestait par sa résistance contre les envahissements de la chimie ; si bien que quand l’antimoine y pénétra, comme nous l’avons vu, de guerre lasse et après une lutte opiniâtre, ce ne fut qu’avec cette réserve très-expressément formulée, que l’admission de l’antimoine n’impliquait nullement celle de la chimie, qui demeurait bien et dûment exclue de la médecine. Par contre, c’était à Montpellier que la chimie trouvait ses plus chauds adhérents. Le mouvement qui s’y perpétue aujourd’hui fie commence guère qu’au dix-huitième siècle avec Sauvages, pour se continuer par Bordeu, Barthez et Dumas jusqu’à nous. Je cite Sauvages, non comme nosologiste (ce qui est son côté le plus connu), mais comme le premier homme qui protesta contre les théories mécaniques et chimiques alors en pleine vigueur, popularisées surtout par le célèbre Chirac. Mais Chirac lui-même ne faisait que continuer, en l’adaptant aux besoins du jour, un enseignement qui datait de loin à Montpellier, et qui, s’abritant sous le grand nom d’Arnauld de Villeneuve, avait eu pour principaux représentants au dix -septième siècle les premiers médecins-chimistes de l’époque, Turquet de Mayerne, R. d’Amador, et surtout Lazare Rivière. La création,

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