‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 116 sur 223 · ÉTAT RESPECTIF DES DOCTRINES MÉDICALES · texte numérisé non relu

ÉTAT RESPECTIF DES DOCTRINES MÉDICALES

Ils expriment, à proprement parler, plutôt des tendances que des doctrines. Un respect profond pour l’antiquité, une prétention avouée à représenter dans la science moderne les traditions de l’hippocratisme ; en physiologie, plus de souci de la fonction que de l’organe, et un goût marqué pour les hautes spéculations, depuis les forces radicales et les forces agissantes de Barthez jusqu’au double dynamisme de M. Lordat; en pathologie et en clinique, la théorie des éléments morbides, diversement modifiée; partout l’esprit de synthèse et de système, et, malgré d’illustres exceptions, un assez grand dédain pour les sciences accessoires : voilà, pour ne citer que des exemples, ce qu’on se rappelle involontairement lorsqu’on parle de Montpellier. A Paris , l’enseignement a un caractère tout autre : peu de penchant pour les théories qui ne sont que des théories, un éclectisme pratique acceptant et demandant avant tout des faits positifs et démontrés, fussent-ils mal coordonnés en apparence, pourvu qu’ils soient scrupuleusement observés; l’anatomie placée à la base de la médecine, la pathologie ramejaée à l’étude de la lésion comme à son point de départ, et appelant à son aide toutes les sciences physiques et naturelles, tout ce qui peut faciliter, compléter, multiplier les moyens d’observation; en un mot, la méthode analytique la plus conciliante, avec la liberté la plus large laissée à chacun de s’en servir dans les directions les plus différentes.

Or, si nous nous reportons au dix-septième siècle,

Page 1