‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 119 sur 223 · LE BUREAU D’ADRESSE · texte numérisé non relu

LE BUREAU D’ADRESSE

était alors si précaire, qu’il fut obligé, pour vivre, d’ouvrir une école et de recevoir des pensionnaires. A iorce d’habileté et de patience, il finit par venir à bout des rigueurs de la fortune, et profita de ses premières faveurs, pour mettre à exécution un projet depuis longtemps caressé, en établissant son Bureau d'adresse .

VII- Renaudot est, on peut le dire, le premier homme en France qui ait pressenti le pouvoir et utilisé les avantages de ce que nous appelons aujourd’hui la publicité. N’ayant à sa disposition que des moyens fort restreints, il fonda donc dans la Cité, rue de la Calandre, dans la maison du Grand Coq , une sorte d’office d’informations, où chacun pouvait, moyennant une légère rétribution, trouver ces mille renseignements qui sont nécessaires à chaque pas dans la vie commune : domestiques à placer, logements à louer, marchandises à vendre ou à acheter, argent à prêter ou à emprunter ; en un mot, il prévoyait, il étudiait toutes les circonstances où des besoins sociaux réciproques se correspondent, se cherchent, et ont grand intérêt à avoir un centre commun. Comme l’idée était nouvelle, et d’une utilité pratique évidente, le bureau d’adresse, ou, comme le public l’appela, le Bureau de rencontre , ne tarda pas à obtenir un grana succès.

Afin de mieux achalander son entreprise, en la mettant en quelque sorte sous la garde de la charité, Renaudot établit dans le même local des consultations gratuites pour les pauvres. Elles eurent lieu d’abord

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