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LE MONT-DE-PIÉTÉ

piété dans sa maison. À cette époque, l’usure était exercée en France avec une violence effroyable par des légions de Lombards et de Juifs. Des établissements de ce genre, destinés principalement à la combattre, existaient déjà en Italie, sous l’approbation de l’Église, qui même en avait fait, en quelque sorte, pour lutter contre le préjugé relatif au prêt à intérêt, des lieux de pèlerinage et de dévotion ; d’où le nom de Mont-de-Piété. Renaudot saisit la portée de cette institution. Dans un coin de sa maison, déjà consacrée à tant d’usages, furent établis des magasins où l’on reçut des objets en gage, moyennant le taux d’intérêt extrêmement modique de trois pour cent, plus un faible droit d’enregistrement. Ainsi ce singulier industriel avait trouvé le moyen de faire sa fortune, tout en étant véritablement un bienfaiteur de la classe pauvre.

Mais ce qui fut sa véritable gloire, ce fut la création de la Gazette. Il eut des débuts bien modestes, ce premier en date des journaux français ! Renaudot le fonda avec le concours très-efûcace de son ami d’Hozier, le célèbre généalogiste. D’Hozier, à qui la nature spéciale de ses études avait créé partout de nombreuses relations, entretenait avec l’Europe entière une immense correspondance, et savait, de la cour et de la ville, une foule de choses capables de défrayer la curiosité publique. Renaudot lui-même, devenu médecin à la mode, hantant les grands seigneurs, dont il avait su se faire des clients et des amis, était mieux que personne en état de se procurer les documents dont il avait besoin. Il commença

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