‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 123 sur 223 · RUE DE LA CALANDRE · texte numérisé non relu

RUE DE LA CALANDRE

taient. Aussi la maison du Grand Coq , dont les consultations gratuites attiraient une grande affluence de malades, devint rapidement un lieu de réunion et d’étude, où les écoliers venaient furtivement, et à l’insu de leurs maîtres, ajouter la pratique à la théorie. Renaudot ! sentit bien l’avantage qu’il y avait pour lui à s’assurer • ainsi le concours d’une jeunesse studieuse, qui pouvait i plus tard le servir si puissamment. Déjà les consultations l’avaient mis à la mode, et lui avaient procuré une grande clientèle. Que serait-ce, s’il devenait chef d’école? Il ouvrit donc, dans le local des consultations, des conférences familières, dont les malades qui venaient étaient l’objet. Certes, il fallait qu’il eût de merveilleuses et bien diverses ressources d’esprit , pour unir ainsi dans ses occupations de chaque jour les fonctions et les succès d’un professeur de clinique aux travaux d’un publiciste et d’un économiste éminent pour l’époque. Aussi fit-il des élèves. Le goût des études chimiques se répandit parmi ces jeunes gens, à l’instruction desquels il concourait si ! efficacement, mettant entre leurs mains tous les moyens de satisfaire ce goût qu’il leur inspirait par ses leçons. 11 est plus que probable que là se formèrent les Mauvil- | lain, les Le Vignon, les Denyau, les Thévart, que nous retrouvons quelques années plus tard, d’élèves devenus maîtres, introduisant un esprit nouveau au sein meme de la Faculté, et votant enfin le fameux décret de 1666.

VIII. Lorsqu’il eut assez d’avances, Renaudot joignit à ses diverses industries rétablissement d’un mont-de-

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