JUBILÉ SOLENNEL
d’interposer sa toute-puissante influence entre elle et ses rivaux, et d’en finir avec cette éternelle question. Elle entra la première dans la voie de la conciliation. Pour ôter aux récalcitrants le prétexte si souvent invoqué de la cherté des droits d’examens, elle leur offrit la réception gratuite, avec la publicité des épreuves, pour en garantir l’exacte justice. L’important, c’était que le principe fût sauf.
La Chambre royale fut dissoute pour la quatrième ou cinquième fois depuis sa fondation (3 mars 16.94). Elle osa résister. Cette fois le roi, inspiré par son premier médecin, finit par s’irriter de cette hardiesse. Il envoya de Versailles l’ordre formel à la Chambre de se dissoudre immédiatement, à ses membres de cesser d’exercer la médecine, d’imprimer, distribuer ou adresser désormais aucune requête. Défense à tous imprimeurs d’imprimer, à tous avocats de rédiger ou signer aucune protestation, requête ou opposition relative à cette affaire, sous peine de mille livres d’amende.
La Faculté usa généreusement de sa victoire. Elle ouvrit aussitôt, avec l’autorisation du roi, un examen général (jubilœum examen ) qu’elle fit aussi mitigé que possible, et auquel se soumirent les membres les plus distingués de la Chambre royale. La bonne harmonie entre les nouveaux confrères ne fut plus désormais troublée.