‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 146 sur 223 · RÉVOLTE DES BARBIERS CONTRE LA FACULTÉ · texte numérisé non relu

RÉVOLTE DES BARBIERS CONTRE LA FACULTÉ

la Faculté qui leur en avait fourni l’idée première : dans un jour de bienveillance, et sans doute pour faire pièce à Saint-Côme, elle les avait autorisés à jouer ce simulacre de ses cérémonies. Mais ces thèses étaient dérisoires : « Theses barbitonsorum chirurgorum quam brevissimœ sint , et tribus parvis articulis compre hensœ. » Ils eurent le tort de prendre cette permission au sérieux, et de vouloir se mettre à raisonner, ni plus ni moins que leurs maîtres, sur des objets que l’étude leur rendait de plus en plus familiers. Prétention prématurée. Un arrêt du Parlement (1693) les rappela brutalement aux termes de l’édit de Charles Y, et aux anciens statuts, qui ne reconnaissaient leur intervention que pro furunculis , boschiis , et apostematibus U S’ils ne succombèrent pas alors à la double haine des chirurgiens, leurs éternels ennemis, et des médecins, qu’ils venaient de trahir, il fallait qu’ils eussent pris déjà une singulière importance. Pendant longtemps on leur tint rigueur. Nous trouvons en 1607 un docteur régent sévèrement condamné par le Parlement pour avoir osé faire aux barbiers une leçon sur la respiration , ce sujet étant réservé à la science. Le Parlement, à ce propos, invita la Faculté à définir une fois pour toutes ce qu’était la chirurgie. Ce fut alors qu’elle donna cette fameuse * définition : La chirurgie est un art manuel , borné à la

1 . Si on voulait ici plaider le paradoxe, on pourrait faire remarquer que cet arrêt désastreux pour les barbiers fut porté sous Henri IV, le seul de nos rois, depuis François Ier, qui ait porté la barbe entière.

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