‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 145 sur 223 · DE LA FIN DU SEIZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

DE LA FIN DU SEIZIÈME SIÈCLE

au moins par le nombre, la fécondité de cette époque remarquable. Bientôt allait commencer la longue que- ' relie des anciens et des modernes. Ces avisés praticiens la tranchent à l’avance, en déclarant d’un commun accord que, s’il est bon d’admirer l’antiquité, il est encore meilleur de l’imiter et de la surpasser, « Nous pouvons dire, écrit Pigray, que nous sommes comme l’enfant au col du géant, qui voit tout ce que peut voir le géant, et quelque chose de plus. Ainsi nous voyons ce que les anciens ont vu, et quelque chose davantage ; desquels nous devons tant qu’il nous est possible louer le soin et diligence, et encore plus imiter le labeur, pour avoir été si grand, que c’est tout ce que nous pouvons faire, que de l’imaginer l. »

Ambroise Paré avait commencé par être garçon barbier ; il n’était entré au collège de Saint-Côme qu’étant déjà premier chirurgien du roi. Dans sa vieillesse, puis-

Îsant, riche et comblé d’honneurs, il aimait à témoigner sa reconnaissance et son respect à ses premiers maîtres. De tels hommages, rendus par un tel homme, contribuèrent peut-être plus que tout autre chose à faire naître dans leurs esprits des espérances présomptueuses et à les aveugler sur leur pouvoir. Ces pauvres compagnons de la savonnette et du plat à barbe conçurent la folle ambition d’ériger une école indépendante, de se décerner à eux-mêmes les honneurs des Facultés : ils se mirent à soutenir des thèses. Il est vrai que c’était

l . Pigray , Épitome des préceptes de médecine et de chirurgie Préface) . 1628.

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