‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 154 sur 223 · Arch. de l’Emp. Collection Rondonneau · texte numérisé non relu

Arch. de l’Emp. Collection Rondonneau

a l'occasion des dissections.

breux auditoire, trois professeurs (en robe et en bonnet!) occupés à faire une démonstration. Il fut accueilli par des huées , séparé de ses gens, roué de coups; et comme la force publique allait intervenir, les écoliers coupèrent le cadavre en morceaux, plutôt que de le laisser tomber entre les mains de la Faculté.

Il y avait donc là un intérêt commun, qui commandait l’union à tout ce qui pratiquait la chirurgie, et, tôt ou tard, on devait voir cesser cette étrange anomalie d’une seule profession exercée dans la même ville par deux corporations distinctes. Il faut voir avec quel accent de douleur Quesnay1, l’apologiste fervent de Saint-Côme, raconte cette transaction devenue nécessaire, et déplore, comme il le dit, les malheurs de la chirurgie : « Les lois les plus sévères étaient un frein inutile pour les barbiers ; leur nombre prodigieux engloutissait, ruinait, déshonorait la chirurgie. . . Il fallut enfin céder au torrent qui l’entraînait, et qui confondait des gens de lettres avec des artisans si indignes d’eux. Par un acte authentique, les deux corps furent donc associés ; les chirurgiens se chargèrent de la honte des barbiers, et les barbiers entrèrent dans les droits et les privilèges des chirurgiens. De deux corps si opposés, il ne s’en forma qu’un. »

Ce contrat fut signé en 1 655 , et, l’année suivante, le Parlement, las de disputes que trois siècles n’avaient pu terminer, crut en épuiser la source, en ratifiant cette

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