‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 156 sur 223 · ET ARRÊT DE · texte numérisé non relu

ET ARRÊT DE

déplaisait souverainement de lire sur la façade de leur maison commune cette inscription :

Collegium

M. M. D. D. 1 Chirurgorum

Parisiis juratorum

a sancto Ludovico anno MCCXXVT institutum.

En conséquence, elle demandait la suppression de tous ces titres, de tous ces usages qui la choquaient, et posait comme condition première d’une réconciliation la reconnaissance explicite de sa suzeraineté.

L’Université de Paris vint à son tour, par la bouche de son avocat Mareschaux, appuyer les prétentions de la Faculté, et protester, au nom de l’honneur des lettres contre la profanation de son costume sacramentel , commise par de vils artisans. Le recteur lui-même, dans cette circonstance solennelle, donna l’essor à son éloquence, et dans une harangue latine, qui dura jusque fort avant dans la nuit, déclara que, si les chirurgiens pouvaient se prévaloir de quelques ordonnances royales, jamais ils n’avaient été reconnus par l’Université , et qu’à plus forte raison ils ne le seraient pas maintenant qu’ils s’étaient souillés par une mésalliance.

Ce qui contribua surtout à perdre ces derniers, ce furent les discordes intestines qu’ils laissèrent percer à l’audience. Tandis que leur avocat présentait une défense timide, cherchant à réduire le rôle de la Faculté à une simple primauté honorifique, la minorité qui, dans

des habits courts? « Lânov euaraXécaç, eùxpive'ci);, taw;, ojaouoç àpiwatv, wuotai. » ( Hipp. De officina medici.)

l. Abréviation de Magistrorum Doctorum.

PROCÈS

le sein du collège de Saint-Côme s’était opposée à l’union , se fit représenter par l’avocat Danez , et les barbiers et chirurgiens unis n’eurent pas de plus cruel détracteur. 11 divulgua toutes les petites machinations qui s’étaient fait jour au milieu de la compagnie, parla de corruption, de vote supposé, de prévôt infidèle, en un mot, s’il ne prouva rien, il en dit assez pour détruire dans l’esprit des juges l’impression favorable qu’ils auraient pu recevoir de la modération de la défense.

Orner Talon, remplissant cette fois encore les fonctions du ministère public, s’acquit de nouveaux titres à la reconnaissance de la Faculté. Son réquisitoire fut plus sobre défaits étrangers à la cause, que celui dont j’ai déjà eu occasion de parler, mais à la fois plus habile et plus passionné. Il aborda la question historique, et, rappelant à grands traits l’origine et les développements du collège de Saint-Côme, il rendit hommage à son antiquité, reconnut les services qu’il avait rendus, l’authenticité et la légitimité des consécrations qu’il avait reçues de l’autorité royale. On put croire un instant qu’il allait conclure en sa faveur. Mais ce n’était qu’une manœuvre oratoire , peut-être une dernière concession faite à l’amour-propre de ceux dont il allait demander la ruine. Le fatal arrêt d’union était là, et il termina en leur posant ce terrible dilemme : « Ou il faut casser cette association, et ainsi rendre à la Faculté les barbierschirurgiens comme des esclaves fugitifs qui ont usurpé des marques et des ornements étrangers, pour tromper le public et déguiser les vestiges de leur servitude , ou

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