‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 171 sur 223 · A. Avenel, le Collège des médecins de Rouen · texte numérisé non relu

A. Avenel, le Collège des médecins de Rouen

2. Pur exemple : Remontrances du fidèle apothicaire à ses confrères, ouvrage attribut à l’auteur avoué du Médecin charitable, Guybert, eu réponse à un poëme latin en l’honneur des gardesapothicaires désignés sous les noms allégoriques de Perseus , Decius et Cassius.

LES APOTHICAIRES

autres, je lui laisse pourtant toute son étendue, et je serais bien marri de leur en dérober le moindre rayon. Les commissaires de F artillerie ne laissent pas d’avoir part à la victoire, quoiqu’elle ne soit pas aussi grande que celle des généraux. Ceux qui distinguent les étoiles de la deuxième grandeur de celles de la première, ne sont pas pourtant injurieux à ces astres, et ne les détachent pas pour cela du firmament 1 . »

Mais les apothicaires n’étaient pas hommes à se contenter de ce rôle d’étoiles de deuxième grandeur, et ils avaient, eux aussi, leurs panégyristes qui réclamaient hardiment le premier rang. Ils prétendaient montrer que la pharmacie est plus ancienne et, par conséquent, plus noble que la médecine. Aux médecins qui invoquaient les souvenirs homériques de Podalire et de Machaon, ils opposaient des citations bibliques, et trouvant, par exemple, au deuxième livre des Rois, qu’Isaïe plaça des figues sèches sur l’ulcère d’Ézéchias, ils n’hésitaient pas à conclure qu’à ce titre Isaïe devait être considéré comme le premier des pharmaciens. — D’autres raisonnaient ainsi : L’objet de la médecine, c’est le corps humain; celui delà pharmacie, ce sont les plantes, les animaux, les minéraux ; tout cela a été créé bien avant l’homme. Donc, etc... D’où il semblerait résulter que la pharmacie est plus ancienne que les pharmaciens.— Enfin, ceux-ci s’appuyaient, pour demander

l. L'état présent de la chirurgie , par J. Charpentier, docteur en médecine, et versé aux grandes et extraordinaires opérations, 1674.

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