‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 174 sur 223 · PENSÉE DE MOLIÈRE SUR LA MÉDECINE · texte numérisé non relu

PENSÉE DE MOLIÈRE SUR LA MÉDECINE

lière débute dans la carrière dramatique par la représentation de la farce italienne du Médecin volant ; il meurt plus de vingt ans après en jouant la Cérémonie du Malade imaginaire . Sa verve satirique a commencé par s’attaquer aux médecins; elle finit par eux. Dans l’intervalle il leur a livré, comme on l’a dit avec esprit, quatre batailles rangées , sans compter les escarmouches, et il succombe enfin sur la brèche1. Une telle persévérance, de la part d’un tel homme, indique assurément plus que le dessein d’amuser le public aux dépens d’une classe donnée d’individus, ou d’exploiter au profit de sa troupe une veine de succès. Il faut qu’il s’y soit joint quelque pensée profonde, à laquelle se soit attachée son âme d’artiste et d’observateur de la nature humaine. Quelle est cette pensée? Abstraction faite des personnages dont il a châtié les travers, Molière est- il par principe et par conviction l’ennemi juré de la médecine? L’est-il du moins d’une façon absolue, universelle? Parmi les partis qu’il y rencontre, a-t-il des préférences et des répulsions, n’excepte-t-il personne de son anathème? C’est ce qu’il convient maintenant d’examiner.

Je n’ai jamais beaucoup cru, pour ma part, au fameux Castigat ridendo mores , que la comédie prend pour devise , et je doute fort que Molière ait jamais accepté cette maxime autrement que dans un sens trèsrestreint. Ce que je ne crois pas des mœurs, je le croi-

1. Voy. Fauconneau-Dufresne, Étude médicale sur Molière , feuilleton de l’ Union médicale, 1848.

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