PENSEE DE MOLIÈRE SUR LA MEDECINE
rai moins encore des doctrines. Ni le drame n’a pour mission, ni les grands artistes ne se sont jamais proposé pour but de convertir les innocentes fictions de la scène en un enseignement régulier, ou de faire du théâtre une chaire. Une comédie peut être excellente sans qu’il soit possible, après l’avoir vue, d’en tirer, comme on dit, la conclusion, ainsi que cela se pratique dans les morales en action . Et réciproquement elle peut contenir d’excellents préceptes, et ne satisfaire nullement aux exigences de la scène. Témoin les pièces philosophiques de Voltaire. Molière, et je l’en loue, n’est point un homme à systèmes et à formules, et ce n’est pas là ce qu’il faut chercher chez lui. Mais il ne serait pas non plus ce qu’il est, un grand penseur et un profond philosophe, si Ton ne trouvait jusque dans ses plus joyeuses inventions quelques-uns de ces traits de génie, quelques-unes de ces percées subites par où l’on pénètre jusqu’au fond de la pensée d’un homme, et par où il se trahit comme malgré lui.
Philosophe, il l’était non pas seulement d’instinct et de sentiment, dans le sens un peu vague et détourné que comporte aujourd’hui ce mot, mais du droit que donne une étude sérieuse et suffisamment prolongée de la philosophie. Chacun sait qu’il avait été longtemps le disciple et qu’il fut toujours l’ami de celui que Tennemann a appelé « le plus savant parmi les philosophes, et le plus habile philosophe parmi les savants du dixseptième siècle. » Il avait suivi assidûment les leçons de Gassendi en compagnie de Chapelle, de Bernier, de