SA PATHOLOGIE BURLESQUE
trines de la Faculté de Paris, et qui pousse le respect des anciens jusqu’à refuser d’examiner les opinions nouvelles et les découvertes de son siècle. Il n’est pas une des dissertations que Molière met dans la bouche de ses personnages, qui ne soit parfaitement conforme à l’esprit' et même au langage usité dans l’École. Il y a là toute une pathologie burlesque, arrangée, il est vrai, pour les besoins de la comédie, mais qui n’en est pas moins calquée sur le galénisme à la mode, et très-reconnaissable sous le manteau dont on l’affuble. Naturellement le foie et la rate y jouent le premier rôle, comme étant l’origine des esprits naturels, de la bile et de l’atrabile. Il s’agit de corriger « l’intempérie du parenchyme splénique , c’est-à-dire la rate. » — Et comme on objecte que ce pourrait être le foie qui fût malade : « Et oui : qui dit parenchyme dit l’un et l’autre, à cause de l’étroite sympathie qu’ils ont ensemble par le moyen du vas breve , du pylore, et souvent des méats cholédoques' . » — Ailleurs la cause de la maladie sera dans « les humeurs putrides, tenaces et conglutineuses contenues dans le bas-ventre2. » — Le meilleur morceau en ce genre est la consultation donnée à M. de Pourceaugnac. Il faudrait la citer en entier. Le malheureux est travaillé par la mélancolie , « laquelle procède du vice de quelque partie du bas-ventre et de la région inférieure, mais particulièrement de la rate, dont
1. Malade imag., acte II, sc. x. Vov. plus haut, sur la primauté du foie, p. 163.