MOEURS DE LA BOURGEOISIE
n’est pas que, dans ces dernières années, on n’ait voulu changer tout cela, et nous donner en place un dix-septième siècle revu, corrigé, et considérablement amoindri. A en croire certaine école historique, toutes ces n grandeurs seraient autant de chimères, tous ces chefs- i d’œuvre de l’éloquence et de la littérature, un leurre couvrant un tissu de bassesses et de lâchetés : partout i le règne de la médiocrité et de la sottise, le goût des plaisirs grossiers et matériels ; dans les mœurs, dépravation totale ; dans le peuple, -misère profonde et sans dignité; dans le pouvoir, système, préconçu dès le début, de persécution religieuse et d’abrutissement moral ; la société livrée à des casuistes sans pudeur, qui dominent et énervent la conscience publique , corrompant à plaisir une époque méprisable, où la révocation de l’édit de Nantes et les misères de la fin du règne ne sont pas un accident , mais le résultat naturel et prévu d’un travail continu de trente années.
Il est douteux que l’on parvienne jamais à refaire à ce point l’opinion de la postérité. C’est vouloir trop prouver. * Grâce au ciel, la France n’est pas prête à répudier ainsi des gloires incomparables, et il n’est au pouvoir de personne de faire ainsi table rase de souvenirs, qui sont, après tout, notre bien à tous.
Ce qui est vrai, c’est que cette société en apparence si pleine d’harmonie, n’est pas aussi homogène qu’on le croirait au premier abord. Dans cet élan superbe, dans cette vigoureuse maturité d’une nation enivrée de sa force et amoureuse de son roi, l’unité domine la