‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 31 sur 223 · AL DIX-SEPTIEME SIECLE · texte numérisé non relu

AL DIX-SEPTIEME SIECLE

scène, les détails disparaissent. Au fond, il y a pourtant bien des dissonances ; car la masse d’un pays ne change Ani si complètement ni si vite. L’harmonie de l’ensemble ne résulte pas de l’union des différentes classes, mais de ce que chacune s’organise et se fortifie dans sa sphère. Au reste, si les troubles de la Fronde s’apaisent si promptement et laissent si peu de vestiges, c’est qu’en réalité ils n’ont agité que la surface. Les privilégiés seuls y sont intéressés ; et il est assez remarquable qu’à part quelques parlementaires, qui y font assez triste figure, la Fronde n’ait pas fait surgir un seul homme de la classe moyenne. Elle s’apaise donc ; mais on ne passe pas par de tels désordres sans y laisser un peu de sa moralité ; et il ne faut pas s’attendre à voir subitement et complètement convertis ceux qui y ont pris part, et qui occupent la scène encore quelques années. Sous les dehors brillants de cette cour si polie, les mémoires du temps nous font voir tout un monde d’intrigues et de coteries, des ambitions insensées, des complaisances honteuses, et même, çà et là, d’étonnantes corruptions.

La bourgeoisie reste plus étrangère qu’on ne saurait dire à ce mouvement d’intriguJs et d’affaires. Elle est désormais assez forte pour se suffire à elle-même et se passer de protection ; mais elle n’est pas assez riche pour dépenser son activité et risquer son bien-être au profit d'un ambitieux, ou même pour le triomphe d’une idée. Elle reste préoccupée de ses propres intérêts, et se contente de siffler les acteurs, quand ils ne sont pas de

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