‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 51 sur 223 · LES MÉDECINS CHEZ LES GRANDS · texte numérisé non relu

LES MÉDECINS CHEZ LES GRANDS

septième siècle auprès des gens de qualité. Je constate le fait sans le juger : un grand seigneur qui demandait sa guérison à un médecin croyait lui faire beaucoup d’honneur. Les choses changèrent bien depuis ; et, par exemple, il y eut au dix-huitième siècle tel moment où la médecine fit fureur, et devint affaire de mode et d’engouement. Les arts ayant cédé le pas à l’esprit positif et utilitaire, il fut de bon ton d’avoir quelqu’un avec qui l’on pùt raisonner physiologie ou mécanique , et les belles dames eurent volontiers leur mathématicien et leur médecin, comme leurs grand’mères avaient eu leur poëte et leur bel esprit. Ce fut le temps où Vicqd'Azyr partageait les travaux et la faveur mondaine des encyclopédistes. Nous n’en sommes pas encore là. A la cour de Louis XIV, il était, il est vrai, bien porté d’avoir son médecin familier ; mais cette familiarité, quelque soin que l'on prît d’ailleurs de dorer les chaînes, sentait toujours un peu la domesticité. Pour le duc de Saint-Simon, un médecin, quelque illustre qu’il fût, ne fut jamais autre chose qu'un homme « habile dans son métier. » On disait « Daquin » ou « Guénaut » tout court, et on ne leur eût point passé, je crois, les libertés que l’on permettait aux hommes de lettres ou aux abbés de cour.

Tout cela est bien visible dans la correspondance de madame de Sévigné. La bonne. marquise aime beaucoup la médecine, quoiqu’elle ne croie guère aux médecins ; et peu de personnes ont demandé tant de consultations, et les ont si mal suivies. C’est plaisir de

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