‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 57 sur 223 · LE PARTI VAUTIER · texte numérisé non relu

LE PARTI VAUTIER

Leur position les mêlait parfois à la politique. C’est ainsi que sous Richelieu, Vautier, homme habile et remuant, se trouva transformé en une manière de chef de parti. Le mot n’est pas trop fort, car les mémoires du temps parlent souvent en propres termes du parti Vautier. Docteur à Montpellier, il était venu chercher fortune à Paris, et sut si bien s’y pousser, qu’il parvint à se faire nommer premier médecin de la reine Marie de Médicis, mère de Louis XIII. Il passait pour la dominer entièrement. « Je mettrai ici, dit Tallemant des Réaux, ce que j’ai appris de Vautier. Un cordelier, nommé père Crochard, l’avait pour domestique, comme un pauvre garçon ; madame de Guercheville le fit médecin du commun chez la reine mère , à trois cents livres de gages. Or, quand elle fut àAngoulême, et que De Lorme l’eut quittée à Aigre (aux enseignes qu’elle disait en son style qu’elle lui avait dit des paroles plus aigres que le lieu où elles avaient été dites), elle eut besoin d’un médecin. Il ne se trouva que Vautier, que quelqu’un qui en avait été bien traité lui loua fort. Il la guérit d’un érysipèle, et ensuite il réussit si bien et se mit si bien dans son esprit, qu’il était mieux avec elle que personne : d’où vint la grande haine du cardinal contre lui. C’était un grand homme bien fait, mais qui avait de grosses épaules ; il faisait fort l’entendu. Il était d’Arles ; sa mère gagnait sa vie à filer, et on dirait qu’il ne l’assistait point. »

On sait comment le parti Vautier parut un moment triompher, et faillit obtenir de la faiblesse du roi le

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