‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 59 sur 223 · DE L’AMOUR MÉDECIN · texte numérisé non relu

DE L’AMOUR MÉDECIN

royal client, lequel horoscope contrariait les vues de l’intraitable ministre.

III. Il serait facile d’évoquer d’autres noms plus ou moins obscurs, mêlés, généralement avec peu d’honneur, à d’assez pauvres intrigues, qui ne méritent pas de nous arrêter. J’ai hâte de parler des quatre médecins de la cour, qui seuls ont gardé, grâce à Molière, une sorte de célébrité. Ainsi se complétera ce que j’avais à dire de Y Amour médecin. Il paraît bien certain, d’après les témoignages contemporains, que dans cette pièce, Molière osa jouer sous des noms empruntés, et en présence du roi , les quatre principaux médecins de la cour. Ce fut, dit-on, Boileau, qu’il chargea de composer les noms grecs destinés à couvrir ces allusions transparentes. Voici, s’il faut en croire Cizeron-Rival, quels étaient les personnages véritables : Desfonandrès (autrement dit tueur d’hommes) n’était autre que Des Fougerais, premier médecin de Madame. Bahis (jappant, aboyant i désignait Esprit, premier médecin de la reine mère, et qui en effet bredouillait en parlant. Macroton était le pseudonyme de Guénaut, premier médecin de la reine, qui au contraire parlait avec une extrême lenteur. Enfin Tomès (en français saigneur ) représentait Daquin. — Pour ce dernier, il y a tout lieu de croire que Cizeron-Rival, qui écrit à plusieurs années de distance, fait une confusion, et peut-être cette confusion, comme on le verra, n’est-elle pas la seule. Daquin, en 166o, n’était pas encore un des principaux

Page 1