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LES MÉDECINS DE LA COUR

médecins de la cour , mais simplement médecin par quartier. De plus, il était grand donneur d’antimoine, par conséquent grapd ennemi de la saignée , et il eût porté à tort le nom de Tomès. Il est plus probable qu’il s’agit de Yalot, alors premier médecin du roi, et qui saignait en effet beaucoup, à commencer par son maître. Quoi qu’il en soit de ces deux interprétations, il est assez curieux de noter que ni Yalot, ni Daquin n’étaient docteurs de la Faculté de Paris, ce qui ne cadre guère avec le rigorisme connu de Tomès.

Il y aurait peut-être un intérêt littéraire à connaître quelques-unes des particularités qui se rattachent à ces personnages, dont aucun du reste n’a une place quelconque dans l’histoire de la science; or, ce qui n’est pas moins remarquable comme mesure exacte de leur situation, aucun d’eux ne fut jamais doyen. On peut croire que si Molière osa les mettre en scène , c’est que la cour s’était déjà amusée à leurs dépens, et avait assisté à des altercations analogues à celles de la comédie. Yoici notamment ce qui s’était passé, lors de la dernière maladie du cardinal Mazarin (1661). « Hier, à deux heures, dans le bois de Yincennes, quatre de ses médecins, savoir Guénaut, Yalot, Brayer et Béda des Fougerais alterquaient ensemble et ne s’accordaient pas de l’espèce de la maladie dont le malade mourait : Brayer dit que la rate est gâtée, Guénaut dit que c’est le foie, Yalot dit que c’est le poumon, et qu’il y a de l’eau dans la poitrine, Des Fougerais dit que c’est un abcès du mésentère... Ne voilà pas d’habiles gens ! Ce

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