LA RÉACTION
breuse du sançj ; peut-être produit-il un ferment acide et chaud pour la vivification du sang artériel ; peut-être sert-il à la nutrition des glandes du cou, et alors (admirable conclusion !) ce serait une preuve de plus à l’appui de l’opinion des anciens, qui disaient que la scrofule vient du mésentère !
Voilà à quelles divagations peut être conduit un homme d’esprit, quand il se met en tête de lutter contre l’évidence. Du reste, pour être juste, il faut reconnaître que la lutte de la Faculté de Paris contre la circulation se résume tout entière dans Riolan. Harvey y avait trouvé, dès le principe, des partisans décidés ; sa doctrine y fut discutée, mais jamais absolument condamnée. Quanta Guy Patin, je n’en parlerai pas ici. C’était, comme je l’ai montré, un esprit très -fin mais très-étroit, quFn’aimait guère à s’embarquer dans ces questions de science pure. 11 est même douteux qu’il ait jamais bien saisi les termes de la question. Sur ce point, il s’en rapportait volontiers à son ami Riolan, et se chargeait de la partie épigrammatique de la discussion. Les sectateurs d’Harvey étaient appelés les circulateurs. Or circulator en latin veut dire charlatan. Cela lui suffit : pour lui, un circulateur est un charlatan. Il ne sort pas de là. Pendant son décanat (janvier 1652), un certain Bertrand, chirurgien barbier, soumit à la Faculté un livre contre la circulation. Il demandait un jugement sur son ouvrage. C'était le cas de se prononcer; mais, comme c’était là précisément ce qu’on ne voulait pas faire, la Faculté, à l’instigation de son doyen, trouva un biais ingénieux, et