‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 91 sur 223 · CONDAMNATION DE ^ANTIMOINE · texte numérisé non relu

CONDAMNATION DE ^ANTIMOINE

« Décret de la Faculté.

« Tout le collège de la Faculté de médecine ayant été convoqué à l’effet de porter un jugement pour servir de règle relativement à l’antimoine, il a été décidé, d’après l’autorité de tous ceux qui se sont illustrés en médecine, et pour les raisons déjà exposées devant M. le procureur général, que l’antimoine est une substance délétère, et, comme tel, doit être classé parmi les simples de nature vénéneuse ; que, de plus, il n’existe pas de préparation qui puisse le corriger, de manière à en permettre l’usage sans danger. Décrété aux Écoles de médecine, le troisième jour des kalendes d’août de l’année 1566. »

En 1615 nouveau décret, porté dans le même sens, à l’unanimité.

Ces décrets ont ceci de remarquable, qu’ils nous donnent de la manière la plus exacte l’idée que nos pères se faisaient des médicaments et des poisons. Pour eux, toute la question se réduisait à savoir si l’antimoine est un poison . La médecine moderne, à la fois plus hardie et plus sage, reconnaît que le degré d’utilité ou de nocuité d’une substance dépend uniquement de l’usage qu’on en fait, et des doses auxquelles on la donne. Tous les grands agents thérapeutiques dont elle s’est enrichie sont d’énergiques modificateurs de l’économie, capables de donner la vie, précisément parce qu’ils peuvent donner la mort. Elle utilise les plus redoutables moyens de destruction : le mercure, l’arsenic, l’opium,

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