‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 92 sur 223 · PREMIÈRES PROTESTATIONS EN SA FAVEUR · texte numérisé non relu

PREMIÈRES PROTESTATIONS EN SA FAVEUR

le quinquina, la strychnine. En ce sens, il est très-vrai de dire qu’il n’y a de véritables médicaments que les poisons. Pour les anciens, au contraire, ces deux idées étaient diamétralement opposées , et par conséquent incompatibles. Cette distinction était si bien dans l’esprit de tout le monde, que les plus chauds partisans de l’antimoine s’occupaient bien moins de déterminer dans quelles conditions il peut être utile ou nuisible, que d’en obtenir des préparations nouvelles. La notion de combinaison chimique leur étant absolument étrangère, ils cherchaient, comme ils le disent eux-mêmes, h corriger, à perfectionner l’antimoine; idée tout à fait analogue à celle de leurs prédécesseurs les alchimistes, dont le but unique avait été d 'ennoblir les métaux. Cette théorie' est expressément professée dans tous les ouvrages du temps.

Dans la première moitié du dix-septième siècle, les travaux se multiplièrent dans cette direction. Deux ouvrages médico-chimiques publiés à l’étranger, l’un en Allemagne , celui de Hamerus Poppius 1 , l’autre en Piémont, celui du P. Yincenzo Solombrino 2, eurent, on ne saurait dire pourquoi, un grand retentissement en France; on crut toucher enfin à la fameuse correction si longtemps attendue; les poètes se mirent à chanter la découverte; la mode s’en mêla; les médecins de la cour l’adoptèrent; en peu d’années, moitié raison,

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