‹ Les médecins au temps de MolièreChapitre 97 sur 223 · LE RABAT-JOIE DE L’ANTIMOINE · texte numérisé non relu

LE RABAT-JOIE DE L’ANTIMOINE

teurs antimoniaux. Perreau y oppose un égal nombre de lettres reçues des chefs du parti contraire.

Il réfute successivement : l’épître dédicatoire, l’avis au lecteur, la liste d’adhésions. Il reprend, en les paro- I diant, chacune des seize pièces de vers en l’honneur de l’antimoine, enregistrées par son adversaire. A Colletet il répond :

Détestable élixir, funeste magnésie,

Peste de la nature et de ses doux efforts,

Qui peuples tous les jours le royaume des morts, etc.

Ainsi des autres; et ainsi du corps de l’ouvrage. Il fait rage contre chacun des arguments du perfide antimonial, il le combat pied h pied, il le pousse dans ses derniers retranchements. Pas un texte qui ne soit passé au | crible; pas une citation qui ne soit mise en pièces. Pour | comble d’horreur, Renaudot a osé parler légèrement d’Hippocrate. « Qui eût jamais cru qu’un docteur de j Paris eût osé parler si légèrement de ce souverain dic- I tateur de la médecine? Proh! Deùm immortalium fidem ! Où est la foi, l’honneur et la conscience de cet I écrivain? Mais il a tout perdu, en perdant le respect qu’il devait à sa bonne mère la Faculté, laquelle, nonobstant toutes les indignités reçues de lui et de feu son père, n’avait laissé de le recevoir avec amour ‘, dans i l’espérance dont elle se flattait qu’il rendrait l’honneur j qu’il avait juré à ses anciens et à ses maîtres, sous les- I quels il avait passé, et qui l’avaient accueilli plus béni-

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