‹ Les médecins au temps de Molière: moeurs, institutions, doctrinesChapitre 12 sur 222 · BÉNÉDICTION DU CHANCELIER · texte numérisé non relu

BÉNÉDICTION DU CHANCELIER

cret sur Fadmission ou le rejet des bacheliers. Dès lors, ceux dont les noms sortaient viclorieui de Turne fatale étaient, non pas encore licenciés, mais Licentiandes, c'est-à-dire déclarés aptes à être revêtus de ce caractère que , pour me conformer exactement à l'esprit du temps, je ne puis mieux comparer qu'à un sacerdoce.

Ils se rendaient processionnellement à la demeure du chancelier de l'Académie, auquel ils étaient présentés par le doyen, et qui, sur leur demande, leur fixait le jour où ils devaient recevoir la Licence. C'était encore là une des plus vieilles et des plus chères traditions de l'Université. L'Université , toute gallicane qu'elle était, tenait à honneur de faire remonter au Saint-Siège ses privilèges et sa constitution : origine qui ne la gênait guère, et dont, au besoin, elle savait se prévaloir contre l'autorité du roi et du Parlement. Le chanceUer était un chanoine de la métropole de Paris. Autrefois chef des études du cloître épiscopal et de son territoire, il avait joui, pendant longues années, d'une juridiction souveraine sur les écoles; et bien qu'au dix-septième siècle cette autorité ne fût plus que nominale, nul du moins ne lui contestait le droit de représenter, pour cette circonstance spéciale de la bénédiction des licenciés, le souverain pontife, chef suprême de l'enseignement dans tout l'univers cathoUque. Il est curieux de retrouver dans Riolan ^ cette reconnaissance explicite de la suprématie du Saint-Siège sur l'Université.

1. Riolan» Curieuses recherches sur les Escholei en médecine de Paru et de Montpellier, i 651. — Du 3oullay, wv, cit.

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