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LE COLLÈGE DE SAINT-CÔME

par une circonstance assez insignifiante en apparence, et sur laquelle pourtant roulèrent presque toujours les contestations. Je veux parler de Fadoption des barbiers par la Faculté.

Depuis longtemps les chirurgiens avaient pris l'habitude assez naturelle de se faire aider dans leurs opérations par les barbiers, puis, avec le temps, de leur faire faire quelques pansements grossiers, puis enfin de leur abandonner quelques menus détails de leur art, entre autres la saignée. Tout cela n'avait rien que de très simple , et d'ailleurs on aurait tort de chercher à cette époque une délimitation assez nette des différentes professions, pour qu'il ne s'y passât jamais ni empiétements ni abus : moitié tolérance de la part des chirurgiens, moitié désir, de la part des barbiers, d'accroître leur importance et leurs profits , l'usage avait fini par prendre force de loi; l'édit qui confirmait aux barbiers, avec le droit de pratiquer la saignée , celui de bailler et administrer emplastres , ongnements et autres médecines convenables pour boces , apostumes et toutes plaies ouvertes^ cet édit date du règne de Charles V, ce roi bourgeois qui fut l'un des plus chauds protecteurs de

chirurgie en France ^

IIL II est, dans l'histoire des plus petites comme des

1. CharleB V avait fait inscrire son nom sur le registre de la confrérie de Saint-Côme , et tenait à honneur d*en faire partie. C'est même, à en croire les chirurgiens, son plus beau titre au surnom de Sage,

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