PAR LA FACULTÉ DE MÉDECINE
répandre la lumière parmi les Gentils. Yoilà de bien grandes images pour une question de clous et de saignées. Mais ces images ne paraissaient pas exagérées, lorsqu'il s'agissait d'affaires aussi importantes qu'un procès de privilèges. C'était l'époque où l'on voyait les cordonniers plaider contre les savetiers qui s'ingéraient de fitbriquer des souliers, et les savetiers contre les cordonniers gui se permettaient le raccommodage.
Donc, les barbiers demandèrent un beau jour à étudier l'anatomie. Mais ici se présentait une difficulté. Les règlements universitaires étaient précis : les leçons publiques ne pouvaient se faire qu'en latin. Parler latin à des barbiers, cela ne les avançait guère. On décréta donc que l'enseignement serait donné en latin, et les explications en français. Ce fut alors qu'au grand scandale des puristes, on vit s'introduire dans les Écoles, mais pour ce cas particulier seulement, ce latin bizarre, mis à la portée des ignorants, véritable langage macaronique, parlé, chose surprenante, par d'excellents latinistes ! Qui fut le plus indigné? Naturellement ce furent les chirurgiens. Ils suscitèrent de nouvelles chicanes, soutinrent que l'enseignement de l'anatomie leur appartenait en propre. U se trouva des magistrats conciliants qui crurent tout arranger par une de ces demi-mesures qui ne satisfont personne. Ils décidèrent que, dans l'amphithéâtre de la Faculté, un docteur enseignerait l'anatomie sans toucher au cadavre, qu'un chirurgien serait chargé des dissections, que les barbiers assisteraient aux leçons et tâcheraient de comprendre. C'était
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mettre les trois partis en présence, et préparer pour IV Tenir de nouveaux désordres. Cet arrêt maladroit fut rendu en 1498.
En 1S05, dit Pasquier \ les médecins passèrent le Rubicon. Sous le décanat de Loisel {Avis)^ un contrat fut passé entre la Faculté et les barbiers. On convint que ces derniers seraient écoliers de la Faculté de médednei comme tels, inscrits sur les registres du doyen; que les médecins présideraient à leurs réceptions, que les aspirants seraient examinés par deux docteurs , moyen* nant un demi-écu pour chacun ; qu'après leur réception ils payeraient deux écus d'or pour les leçons, pour les messes, pour l'entretien de la chapelle de la rue de la Bûcherie. Us feraient serment de ne prescrire aucun remède interne, de recourir aux docteurs pour le traitement des maladies, de n'exercer jamais la chirurgie sous des docteurs étrangers. — A ces conditions, les médecins promettaient aux barbiers de les instruire, de leur assurer l'exercice de la chirurgie, et d'être en toute occasion leurs défenseurs. Les barbiers, jusque-là désignés sous le nom de barbitonsores, ou barbirasores^ prirent désormais le titre honorable de tonsores chirwgici^ et leur profession fut appelée, sur les registres officiels, chirurgia tonstrina.
rV. Ainsi le seizième siècle, qui vit tant de nouveautés, vit celle-ci entre autres : d'humbles artisans