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union . Il le fit malgré Topposition d'une partie du collège de Saint-C6me, et sur la demande expresse des prévôts et des anciens, organes des Tœux de la majorité. Le contrat enregistré eontenait cette clause, que le premier barbier du roi resterait le prévôt honoraire de la compagnie. Quant à la Faculté de médecine, il n*en fut que très-vaguement question, et pour cause.
Elle avait bien espéré qu'on n'oserait jamais, sans son consentement, prendre une mesure d'une pareOle importance. On s'en était passé. Avec quelle indignation dut-elle voir ces artisans qu'elle avait tirés du néant, après maintes désobéissances, rompre enfin ouyertement avec elle, et passer avec armes et bagages dans le camp ennemi! L'instrument qu'elle avait créé se retournait contre elle !
liais elle s'aperçut bientôt, avec la merveilleuse perspicacité de la haine, qu'elle pouvait tirer de cette nouvelle situation un admirable parti , en terrassant du même coup ses deux adversaires l'un par l'autre. L'union accomplie soulevait en effet une question fort délicate. En s'associant les barbiers, les chirurgiens leur avaientils par là conféré tous leurs privilèges? ou plutôt ne fallait-il pas admettre qu'ils acceptaient ainsi pour euxmêmes, ou du moins devaient subir les obligations des barbiers vis-à-vis de la Faculté, le serment annuel, la redevance, et le reste? D'ailleurs, l'ancien contrat ne devait-il pas primer le nouveau? En tout cas, l'occasion était belle pour elle, de porter une fois de plus devant les tribunaux ses prétentions à la suprématie univer-
selle. Elle demanda donc l'annulation de l'arrêt d'union, ou, sinon, l'extension aux deux compagnies des obligations acceptées autrefois par les barbiers, avec le droit, pour elle-même, d'aviser, selon son bon plaisir, à leur imposer aux uns et aux autres tels statuts qu'elle juge raît convenables et conformes au bien public. En même temps, elle renouvelait une demande déjà ancienne, et qui lui tenait au cœur, à savoir qu'il fût fait défense aux chirurgiens de lire, de professer, de conférer les grades de bacheliers et de licenciés, de prendre le titre de collège, enfin, et surtout, de porter la robe et le bonnet (!•' février 1657).
L'affaire dura trois ans, et elle eût pu facilement durer davantage, car toutes les questions, tous les intérêts qui s'agitaient depuis si longtemps s'y trouvaient engagés. Ce furent trois années de polémique ardente et passionnée, où les injures ne furent pas plus épargnées qu'elles ne l'avaient été lors du procès de Renaudot. La correspondance de Guy Patin reflète jour par jour tous ces petits événements et ces grandes colères. Pour lui, il s'agit bien moins de plaider, que de châtier une fois pour toutes l'insolente audace de ces laquais bottés, de ces estaffiers de Saint-Côme^ de ces chiens grondants^ de cette superbe racaille. Il a pour eux tout un nouveau vocabulaire; ses tirades contre le Mazarin n'ont point épuisé sa fécondité *.
1. Ce qui surtout le met hors de lui, c'est la prétention des chirurgiens à porter la robe et le bonnet : « Ne yoilà-t-ii pas une demande bien ridicule, et une conclusion bien extravagante?