‹ Les médecins au temps de Molière: moeurs, institutions, doctrinesChapitre 147 sur 222 · Je l'extrais des Commentaires pour Taimée · texte numérisé non relu

Je l'extrais des Commentaires pour Taimée

tum, quod obstricti praesentes tenerent, et ipsi venturi in nomina legerent posteri, sânxit hoc decretum in Facultatîs commentariis référendum, typis edendum, significandum singulis. »

Ce décret, écrit sur une grande feuille en vélin , et revêtu du grand sceau de la Faculté, fut enfermé dans une boite d'argent. Douze docteurs, le doyen en tête, le portèrent chez l'avocat général ; on y joignit une magnifique édition des œuvres d'Hippocrate en cinq volumes in-folio.

Les chirurgiens songèrent, mais trop tard, à faire rompre l'union qui leur avait été si funeste ; dernier espoir qui leur fut bientôt ravi. Avec quelle joie Guy Patin se promet le spectacle des mutuelles récriminations de ses ennemis! « Ce procès va à les voir plaider les uns contre les autres ; nous serons les spectateurs. L'arrêt que nous avons obtenu ne laissera point de demeurer en son entier : robes coupées et abattues, bonnets écornés et renversés. Ils se mangeront les uns les autres, et il n'y aura jamais grande perte. » Assister ironiquement à des dissensions intestines entre des ennemis vaincus, alors qu'on n'en a plus rien à craindre, c'est le dernier raffinement delà vengeance satisfaite.

IX. Guy Patin n'eut pas ce plaisir : aux premiers moments d'irritation succéda un découragement profond. Barbiers et chirurgiens ne tardèrent pas à s'apercevoir que leur défaite était définitive. L'année ne s'écoula pas, qu'on ne les eût obligés à enlever de leur

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école Id symbole matériel de leur aociemie grandeur, la chaire qui décorait la salle de leurs séaaces, et où s^était assis Âmbroise Parél Puis il fallut payer TimpM aoQuel, prêter le sermeot d'obéissaooe; aucune humiliation ne leur fut épargnée; ils les subirent toutes, presque sans réclamer. Après une longue lutte, leur résistance était enfin yaincue.

Pourtant, ils trouvèrent ailleurs quelques compensations. Une ancienne ordonnance conférait au pre« mier barbier du roi la charge de maître et garde des privilèges de l'état de barbier-chirurgien dans tout le royaume, avec droit de se faire remplacer par un lieu* tenant dans chaque communauté. Louis XIY reconnut ce qu'un tel état de choses avait de vicieux. En 1668 parurent des lettres patentes constatant une fois de plus « que Fart du barbier-chirurgien ne s'étend pas seulement au fait des barbes et cheveux, mais principalement en la chirurgie théorique et pratique, en la connaissance du corps humain et des maladies auxquelles il est sujet; » mais, d'un autre côté , il y était reconnu que ceux qui possédaient la charge de premier barbier n'ayant en général aucune teinture de la chirurgie, ne nommaient aux places de lieutenants que des gens incapables d'en remplir les fonctions. En conséquence, et €( pour rétablir cedit art en sa splendeur, » ordre était donné à Jean de Retz , sieur de Villeneuve , premier barbier, de traiter de sa charge avec le premier chirurgien François-Félix, qui dut désormais réunir les deux fonctions. Il fut expressément spécifié que ceux

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