‹ Les médecins au temps de Molière: moeurs, institutions, doctrinesChapitre 162 sur 222 · Bazin ^ Notes sur la vie et les ouvrages de Molière · texte numérisé non relu

Bazin ^ Notes sur la vie et les ouvrages de Molière

2. Il y fait plus d'une fois allusion. Voy. Femmes savantes, acte III , se. II.

346 LBS PilLOSOPHBS DU XV1|* S|tGLE

mêlent si souireatt Pegcartes liù-mâme, le Téritable pèi« de la psychologie moderne, ^u moment où il menait d'en poser les fondements dans le Discours de ia méthode^ terminait par ces lignes remarquables \ d J*ai résolu de n'employer le temps qui me reste à im^ à autre chose, qu*à tâcher d'acquérir quelque connaissance de la nature, qui soit telle qu'on en puisse tirer des règles pour ia médecine plus assurées que celles qu'on en a eues jusqu'à présent;, et mon inclination m'éloigne si fort de toutes sortes d'autres desseins, principalement de ceux qui ne saur^ent être utiles aux uns qu'en nuisant aux autres, que si quelques occasions me cpntraignaient de m'y employer, je ne crois point que je fusse capable d'y réussir. » — Et ainsi de tous les autres. II ne se faisait guère d'ouvrage philosophique t^mt soit peu étendu, qui ne contint, à côté des théories les plus spiritualistes, une exposition plus ou moins complète de l'état des sciences anatomiques et physiologiques. Le monument le plus complet que nous possédions en ce genre, le Traité de la connaissance de Dieu et de soimême^ de Bossuet, est pour une bonne moitié un traité de physiologie. En un mot, nul ne séparait encore ce qui est si intimement uni dans la nature.

Il n'entre point dans ma pensée de faire le procès à mon temps. Mais, tout en reconnaissant les éminents services rendus à la science par l'école écossaise et par les philosophes qui en ont perpétué les traditions en France, ne peut-on pas s'alarmer de leurs tendances? Il y a vingt ans, M. JoufBroy publiait, sur la légitimité de

la i^éparatiûu entre la psychologie et la physiologie, uq mémoire qui était uq manifeste. Aujourd'hui que l'ex^ périepç^ s'est faite, est-U bien sûr que la méthode ait tfinu ce qu'elle semblait promettre ? Il est du moins permis de regarder avec regret la voie si glorieusement parcourue par le dix-septième siècle, l^es excès matérialistes du dix-huitième n'ont peut-être pas eu de pire çonséquepce que d'elfrayer à tort la grande éqole philosophique française , et de la jeter dans une réactiop ei^ces^ive. Son spiritualisme est devenu ombrageux, jaloux. De peur de se compromettre, il s'est isolé, ïl s'est rappelé des unions qui avaient tourné contre lui, des alliances qui avaient été des trahisons ; il les a rompues, sauf k retomber, en croyait les fuir, dans les sentiers étroits et sans issue où s'est fourvoyée l'écolç idéologique du commencement de ce siècle. Il y a loin de là à la saipe et large manière de ces contemporains de Descartes, pour qui 1^ philosophie avait, avant tout, un but pratique. Tout le monde était un peu de l'avis du bonhomme Cbrysale :

Oui, mon corps eat moi-même, et j'en veux prendre soin. Guenille si l'on veut ; mi^ guenille m'est ehère.

On s'en occupait donc, on y regardait, et de près. Le spiritualisme régnant se croyait assez sûr de lui-même pour ne pas crs^indre de s'aventurer sur les terres de l'anatomie, On tenait fortemept, comme dit Bossuet, les deux bout? de la chaîne, mais cela u'empêchait pas d'étudier le§ anueaux iutermé^iaireg. Aujourd'hui les deux bouts nç

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