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TRAITÉ DES PASSIONS

Tements de resserrement ou de dilatation tout à fait analogues , la faculté irascible, gui a son siège au cœur avec la faculté vitale, produit Tespérance, le désespoir, la hardiesse, la crainte et la colère ; en tout onze passions simples qui, en se combinant entre elles, ou en se transformant au contact de la faculté animale, produisent les infinies variétés dont Tâme humaine présente le tableau mobile et changeant.

L'étude et le dénombrement des passions étaient, on le sait, au dii-septiëme siècle, Tun des objets favoris des méditations de la philosophie , et , il faut le dire, Tun de ceux gui l'ont le moins bien inspirée. Chacun connaît les tentatives de Descartes * et de ses disciples pour introduire dans cette partie de la science de l'homme une prétendue exactitude mathématique. Peut-être le peu que je viens d'en dire sufflra-t-il pour faire voir quelle influence les décisions de la Faculté exerçaient alors sur les esprits même les plus ennemis du joug de la tradition. Sans doute, rien de tout cela n'appartenait en propre à la physiologie du temps ; le galénisme en avait fourni les principaux matériaux. Pourtant, que de différences! Pour Galien, la passion était le produit direct du tempérament ; le vice était simplement une maladie susceptible tout au plus d'un diagnostic et d'un traitement. Point de responsabilité ni de mérite^. Pour des médecins orthodoxes, au contraire, il s'agissait, avant tout, de sauver la liberté

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