Descartes, Traité des passions
2. Yoy. les traités de Galien : Quod animi mores temperamenta
DE l'académicien GUREAU DE LA CHAMBRE. 387
humaine ; mais il fallait aussi respecter les esprits animaux. De ces deux nécessités rivales, naissaient à chaque instant des contradictions qui, malgré tout, ont passé dans la philosophie. Pour tout le monde, en effet, le problème se ramenait alors à établir les rapports delà volonté avec les esprits animaux. De tous les ouvrages écrits dans cette direction, le moins connu, peut-être, et non le moins original, assurément, est celui d'un médecin, l'un des plus estimés pour ses talents et pour son caractère, Cureau de La Chambre, qui, à sa qualité de médecin ordinaire du roi Louis XIV, joignit l'honneur d'être l'un des membres fondateurs de l'Académie française, et, en cette qualité, eut occasion d'y recevoir Boileau-Despréaux. Son livre des Caractères des passions^ quoique profondément empreint des doctrines régnantes, se distingue, sans parler des mérites du style, par un effort marqué pour échapper aux étreintes de la tradition. Sa classification n'est, je le veux bien, ni meilleure ni pire que celles de ses contemporains; sa théorie d'une âme composée de parties et mobile dans l'espace, est une innovation assez malheureuse qui ne mériterait pas grande attention, n'étaient quelques vues ingénieuses qu'elle lui a suggérées sur des points de détail. Mais son vrai mérite , et ce qui le distingue de ses confrères, tant en philosophie qu'en médecine, c'est de ne s'être pas exercé seulement à expliquer les pas-
sequantur. — De propriorum animi cujusgue affectuum dignotione et curatione. — De cujttslibet animi peccatorum dignotione et medelà.