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QUE FAUT'IL ENTENDRE PAR SON ÉPICURISME

idcîeux, il est vrai. « Mais, que cette méthode ou une autre n'étant pas la vraie , il ne s'en puisse absolument trouver aucune, c'est aussi ce que je tiens être fort difftcUe à décider ; et je n'oserais pas dire que la chose fût impossible; car, quelque difficile qu'elle soit, que ne peut néanmoins un travail opiniâtre, et combien s'est-il trouvé de choses que nos prédécesseurs n'eussent pas seulement osé espérer? Les derniers jours doivent être plus savants, et si nous ne voyons pas la manière dont une chose se puisse faire , il ne faut pas pour cela mesurer à notre petite capacité la puissance de la nature ^ »

IX. Hâtons-nous d'arriver aux conséquences. Si la nature des corps dépend immédiatement des qualités physiques de chacune des particules qui les constituent, la doctrine des quatre éléments, ne reposant que sur de pures abstractions, n'a plus de raison d'être. Et puis, s'il fallait admettre un premier froid et un premier humide, pourquoi pas aussi un premier dense, un premier léger, un premier lumineux, etc.? Qui empêcherait de réaliser ainsi toutes les qualités si diverses de la matière? Mieux vaut donc supprimer toutes ces spéculations oiseuses, analyser, sans les énumérer, les phénomènes, à mesure qu'ils se présentent à nos sens, et s'en tenir à l'observation des faits positifs et palpables.

Avec la doctrine des éléments croule toute celle des tempéraments, qui n'en est qu'une conséquence, et,

1. Dernier, Abrégé de la philos, de Gassendi ^U V,Uv. iii,chap. 4.

cette large brèche une fois faite dans la physiologie du temps, tout ya se trouver remis en question. Avec son horreur instinctive et parfois exagérée pour toutes les actions à distance, Gassendi est naturellement amené à faire bon marché des sympathies , des facultés attractrices, rétentrices et autres, surtout des qualités occultes, qui sont le pivot de tout le système. Ajoutons qu'il se tient au courant des découvertes, qu'il embrasse avec chaleur la cause de la circulation, qui sert merveilleusement ses vues, en substituant aux idées d'influences éloignées celles d'action directe et de contact immédiat; et, après cela, s'il s'arrête quelquefois en chemin, si par exemple (comme Descartes d'ailleurs) il croit devoir traiter avec respect les esprits animaux, tout en les modifiant à sa manière; s'il pactise avec les nuatre humeurs et leur laisse un rôle plus grand qu'on ne devrait l'attendre de sa part, peu importe. Le grand pas est fait, et quelles que puissent être les incohérences du détail, il y a là toute une révolution dans la méthode. Or, n'est-ce pas par là qu'il faut juger une école? Malheureusement ce dont on s'occupe le plus dans rhisloire de la philosophie , ce sont les systèmes, qui sont précisément la partie fragile et périssable de l'œuvre des philosophes. Ce qu'on néglige trop souvent et ce qu'il faudrait mettre en première ligne , ce sont les tendances, l'esprit général, tout ce qui sert à caractériser le mouvement intellectuel d'une époque, ce qui reste définitivement acquis au fonds commun des connaissances humaines. Sous ce rapport, le dix-septième

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