‹ Les médecins au temps de Molière: moeurs, institutions, doctrinesChapitre 208 sur 222 · MOLIÈRE MALADE · texte numérisé non relu

MOLIÈRE MALADE

portrait dans Élomire , avait-il reconnu , avec cette loyauté de conscience qui est le propre des hommes irraîment forts, que son ennemi a\ait frappé juste, §t voulait-il protester contre sa misère, en faisant rire dft lui-même sous le personnage d'Argan,

C'est, en effet, le caractère conamun à ses plus étonnantes productions : il y met tout son génie et tout son cœur. Misanthrope, il met la misanthropie en scèoQ avec une souveraine éloquence. Mari ^Iheureux, cœur tendre et misérablement subjugué par les charmes d'mw coquette indigne de lui , il se reproche ses contradictions, et tout honteux d'une passion qu'il chérit en secret, il fait en quelque sorte sa confession publique;

Maig avec tout cela, quoi que je puisse faire, •

Je conresse mon foible, elle a l'art de me plaire ; J'ai beau voir ses défauts, et j'ai beau l'en blâmer, En dépit qu'on en ail, elle se fait aimer !

Et qui ne se rappelle tous ces admirables tableaux des tortures de la jalousie, qui sont l'histoire de sa vie, ces folles créations sur lesquelles une larme a dû tomber plus d'une fois, et qui charmeront éternellement par ce mélange singulier de rire et de douleur qui est le fond même de la nature humaine?

IX. Eh bien, c'est ce même sentiment, personnel et humain tout à la fois, qu'il me semble retrouver dans 1q Malade imaginaire; c'est là l'œuvre d'un homme qui chérit la vie, qui voit bien qu'elle lui échappe, qui voudrait la retenir, qui se sent homme en un mot, et qui gémit de

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