‹ Les médecins au temps de Molière: moeurs, institutions, doctrinesChapitre 211 sur 222 · INFLUENCE DE SA SANTÉ SUR SES JUGEMENTS · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE SA SANTÉ SUR SES JUGEMENTS

temps, il s*est glissé parmi les hommes de belles imaginations que nous venons à croire, parce qu'elles nous flattent, et qu'il serait à souhaiter qu'elles fussent véritables. Lorsqu'un médecin vous parle d'aider, de secourir, de soulager la nature, de lui ôter ce qui lui nuit, et lui donner ce qui lui manque, de la rétablir, et de la remettre dans une pleine facilité de ses fonctions ; lorsqu'il vous parle de rectifier le sang , de tempérer les entrailles et le cerveau, de dégonfler la rate, de raccommoder la poitrine, de réparer le foie, de fortifier le cœur, de rétablir et conserver la chaleur naturelle, et d'avoir des secrets pour étendre la vie à de longues années, il vous dit justement le roman de la médecine. Mais quand vous en venez à la vérité et à l'expérience, vous ne trouvez rien de tout cela; et il en est comme de ces beaux songes qui ne vous laissent au réveil que le déplaisir de les avoir crus *. »

Je n'ai nulle envie de discuter ici cette proposition baliàle, à savoir que la médecine est un art conjectural; avant de le faire, je voudrais bien savoir s'il est un seul art au monde qui ne le soit pas plus ou moins. Ne pas ^uloir se payer de mots, consulter la vérité et l'expérience, tout cela est excellent. Mais, précisément à cause de cela, on ne saurait, en une matière si grave, se faire une opinion, sans une très-longue et très-spéciale étude; et l'on n'a pas le droit, fût-on Molière lui-même , d'invoquer des raisons comme celle-ci, qu'il est impossible

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