‹ Les médecins au temps de Molière: moeurs, institutions, doctrinesChapitre 64 sur 222 · DAQUIN · texte numérisé non relu

DAQUIN

droD, Tint la voir, promit beaucoup, ne tint rien, et fut renvoyé. Un empirique de Bar-le-Duc lui succéda. Il déclara, suivant l'usage, qu'on l'avait appelé trop tard, mais qu'il entreprendrait la cure, si on lui donnait deux mille écus par provision. On les lui donna, et les choses allèrent de mal en pis. Ainsi des autres; tant qu'enfin la reine mourut ; et il fut constant que les médecins l'avaient tuée. Cette histoire ne semble-t-elle pas datée d'hier? Rien n'y manque, pas même la pâte arse^ nicale.

Avec tous ses défauts, Valot eut la gloire de mourir sur la brèche. Depuis longtemps il ne pouvait plus faire son service. Lorsque éclata la guerre des Pays-Bas, il voulut à toute force suivre le roi en Flandre , ne put supporter les fatigues de la campagne et mourut en chemin (1671).

VI. Daquin, son successeur et son neveu par alliance, était docteur de Montpellier. C'était un juif converti ; son père avait fait parler de lui comme témoin dans le procès de la marquise d'Ancre. Homme d'esprit plutôt qu'homme de science, il était doué au plus haut degré des qualités du courtisan. 11 arrivait au moment difficile : soigner un prince qui va devenir goutteux, qui a déjà des vertiges et des accès de mélancolie, et qui veut mener de front les plaisirs et les affaires, ce doit être une rude épreuve pour un premier médecin. Aussi Daquin finit-il, malgré tout son tact, par y succomber. Outre ces'difficultés, il eut à assister à plusieurs graves

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