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LES PREMIERS MÉDECINS OU ROI

partager cet honneur ayec ses confrères, a Pour être versé dans la connaissance des simples et de la chimie, il paraissait devoir connaître les remèdes spécifiques pour cette maladie. Mais il montra tant de faiblesse à soutenir ses avis contre ceux gui lui étaient opposés, qu'elle s'en dégoûta. Séguin... était savant à la mode des médecins de la Faculté de Paris, qui est de saigner toujours, et de ne se servir point des autres remèdes. Il n'avait guère d'expérience, car il était venu jeune au service de la reine. Pour surcroît de malheur, il était passionné, et n'estimait les conseils de personne ; et sans connaissance d'aucuns remèdes particuliers pour le mal de la reine mère, il s'opposait seulement à tout ce qu'on proposait pour elle. » C'est là le faible de tous les princes : il leur faut des remèdes particuliers, et même des maladies particulières. Ils ne peuvent être malades comme le commun des mortels.

Boccace raconte quelque part qu'un prince italien demandant un jour à son bouffon quelle était la profession exercée par le plus grand nombre de gens^ celui-ci répondit : « La médecine, incontestablement. » Et, comme le prince s'en étonnait, notre homme s'entortilla la tête d'un mouchoir, et sortit dans la rue, simulant un violant mal de dents. En moins d'un quart d'heure, il rencontra vingt personnes qui lui donnèrent chacune une recette différente, mais toujours infailhble. — La malheureuse reine put faire la même expérience. Ce fut une procession de gens qui promettaient monts et merveilles. Un curé de village, nommé Gen-

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