GUERRE CIVILE
médité. On commence à comprendre que ce gui a été jusque-là, n'est pas tout ce qui pourrait être ; que Tanliquité n'a peut-être pas laissé en toute chose l'idéal du beau et du vrai; qu'après Aristote ily a encore quelque chose à faire ; prétention nouvelle, et, selon quelquesuns, inadmissible, que Ramus avait payée de sa vie, mais qu'il avait léguée à toute une génération.
En médecine, comme dans toutes les affaires de ce monde, le progrès ne peut être l'œuvre ni d'un jour, ni d'un homme. Tout le monde y concourt plus ou moins, même ceux qui le nient ; et ceux-là qui s'en disent les apôtres n'en sont pas toujours les meilleurs instruments. L'important, c'est que chacun y tende. Les innovations se succèdent, amenant avec elle des réactions nécessaires. L'innovation est quelquefois absurde ; la réaction est souvent aveugle et inique. Ces deux faces de l'esprit humain ont leurs représentants à toutes les époques ; mais enfin, la place est large entre ces deux extrêmes, et un jour vient où tout le monde s'aperçoit qu'un pas a été fait en avant. Ne rions pas trop de ces passions aujourd'hui éteintes, car c'est à elles que nous devons ce que nous sommes. La passion, c'est le trouble, sans doute ; mais c'est aussi la vie ; et un siècle est bien malheureux qui n'a pas eu sa part dans ces grands démêlés delà science.
En tout temps, pour passionner les intelligences, il faut au moins un mot qui serve à la fois de symbole et de drapeau de ralliement. Au dix-septième siècle, il y en eut deux : la circulation du sang et l'antimoine.