‹ Les médecins au temps de Molière: moeurs, institutions, doctrinesChapitre 78 sur 222 · SUR LA CIRCULATION · texte numérisé non relu

SUR LA CIRCULATION

plaisanteries de ce pauvre Harvey : le mouvement circulaire étant parfait ne convient qu'aux corps simples, comme les astres. Or, le sang n'est par un corps simple, puisqu'il est composé des quatre éléments. Donc, le mouvement circulaire ne peut convenir au sang. — Autre sirgument : si le sang circulait, il serait inutile d'en tirer, puisque la perte subie par un organe serait immédiatement réparée. Or la saignée ne peut être une chose inutile. Donc le sang ne circule pas. — Mais on invoque des expériences ! L'auteur en fait bon marché, et les condamne en bloc, en posant le principe : les expériences irritent la nature, et quand elle est irritée, elle agit autrement que lorsqu'on la laisse tranquille. Donc il ne faut pas faire d'expériences.

Heureusement, à ces deux thèses nous pouvons en opposer deux autres de date un peu antérieure, celle de Fagon (1663) An a sanguine impulsum cor salit? (Aff.), et celle de P. Mattot (1665) An motus cordis a fermentatione? Dans toutes deux, la circulation harvéienne est expressément et complètement professée. La seconde est très-remarquable, en ce qu'elle signale et réfute la théorie de la passivité des mouvements du cœur enseignée par Descartes ^

1. Descartes, qui eut la gloire d'adopter un des premiers en France la doctrine d'Harvey, et qui le loue hautement « d'avoir rompu la glace eu cet eudroit » {Disc, de la mèth.), eut le tort de dénaturer presque aussitôt sa pensée, en refusant au cœur la faculté de se contracter activement, et en ne lui reconnaissant que des mouvements alternatifs de resserrement et de dilatation, sous rinfluence du chaud et du froid. (Voy. Traités de V homme et de la

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