LES EXAMENS» LES GRADES
supérieures devant la Faculté spécialement convoquée par le doyen. L'un d'eux, au nom de tous, demandait respectueusement qu'on voulût bien les admettre à Texamen. Ils déclinaient leurs nom, prénoms, patrie, religion. Les plus anciens docteurs leur faisaient subir à chacun, comme par avance, une courte interrogation ; après quoi on leur fixait un jour pour justifier de leurs études antérieures. Ce jour-là, ils avaient à comparaître de nouveau et à présenter leur diplôme de maître es arts ou en philosophie, plus une attestation constatant qu'ils avaient suivi pendant quatre ans les cours de l'Université. Des dispenses étaient accordées aux fils de médecins. La Faculté était jalouse, et pour cause, de maintenir ce privilège de la naissance, dont elle trouvait, disait-elle, la justification dans un des préceptes d'Hippocrate *.
L'examen durait une semaine. Outre les examinateurs spécialement désignés, chaque docteur présent avait le droit de faire, s'il le voulait, un certain nombre de questions aux candidats. Ils étaient successivement interrogés sur les choses naturelles, sur les choses non naturelles, sur les choses contre nature, c'est-à-dire sur toutes les matières de l'enseignement pendant les deux années précédentes. On leur donnait à chacun , pour terminer, un aphorisme d'Hippocrate à commenter. A la fin de la semaine , les examinateurs faisaient
1. Juro me... eos item qui ex Prseceptore nati sunt, artem banc si discere voluerint, absque mercede et pacto edocturum. (/iKfur., Y, 4.)
40 l'ancienne faculté.
leur rapport à la compagnie assemblée, et Ton allait aux voix sur Fadmission ou l'ajournement des candidats.
Au moment de leur réception , on présentait aux bacheliers le serment suivant à prêter * :
(c 1® Vous jurez d'observer fidèlement les secrets « d'honneur, les pratiques, les coutumes et les statuts ce de la Faculté, de tout votre pouvoir, et, quoi qu'il ce arrive, de n'y contrevenir jamais ;
ce 2** De rendre hommage et respect au doyen et à « tous les maîtres de la Faculté ;
c< 3® D'aider la Faculté contre quiconque entrepren- « drait quelque chose contre ses statuts ou contre son « honneur, et surtout contre ceux qui pratiquent illicc citement, toutes les fois que vous en serez requis, ce comme aussi de vous soumettre aux punitions qu'elle ce inflige en cas de faute ;
ce 4° D'assister, en robe, à toutes les messes ordonee nées par la Faculté, d'y arriver au moins avant la fin ce de l'Épître, et de rester jusqu'à la fin de l'office, ce fût-ce même une messe d'anniversaire pour les morts, ce sous peine d'un écu d'amende ; comme aussi, et sous ce peine d'une égale amende, d'assister tous les samedis ce à la messe de l'École, le temps des vacances excepté;
ce 5° D'assister aux exercices de l'Académie et aux ce argumentations de l'École pendant deux ans; de souce tenir une thèse sur une question de médecine et d'hy- (c giène ; enfin d'observer toujours la paix et le bon or-
1. Je l'emprunte à M. Sabatier {ouv. cit.), n'ayant pu m'en procurer le texte latin.