SERMENT DES BACHELIERS
(( dre, et un mode décent d'argumentation dans les dis- « eussions scientifiques prescrites par la Faculté. »
Bien, qu'en possession de leur grade, les bacheliers devaient, pour le conserver, se soumettre à de nouvelles épreuves. Au mois de mai ou de juin suivant, ils avaient à subir l'examen sur la botanique, sagement placé à l'époque de la floraison des plantes. Le reste de l'été était occupé par des disputes et des leçons privées, qui leur servaient de préparation pour les grandes luttes qui les attendaient à la rentrée.
L'hiver suivant, en effet, ils rentraient en lice^ Depuis la Saint-Martin jusqu'au carnaval, ils avaient à soutenir, en grand appareil et en nombreuse assemblée, leurs thèses quodlibétaires^ c'est-à-dire choisies sur un sujet quelconque de physiologie ou de médecine. Il devait, autant que possible, s'en passer une par semaine. Depuis le mercredi des Cendres jusqu'aux vacances, c'était le tour des thèses cardinales^ qui seraient mieux nommées thèses du cardinal^ car on les désignait ainsi en l'honneur du cardinal d'Estouteville qui les avait instituées. Elles roulaient presque toujours sur un sujet emprunté à l'hygiène. C'est parmi ces dernières qu'on a pris la plupart de ces questions bizarres et quelquefois puériles, qu'on a souvent citées comme une preuve des divagations de la Faculté. Il y aurait peu d'intérêt à rapporter ici les sujets sérieux qui en forment, après tout, la majeure partie, et dont la plu-
1. Hieme proxima^ ex bac domestica et umbratili exercitatione quasi in aciem ediicautur. (Statuts, art. xiv.)
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part pourraient être encore utilement discutés aujourd'hui. Mais je ne puis m'empêcher de citer, à titre d'échantillon, les incroyables questions que voici : Les héros naissent-ils des héros? Sont-ils bilieux? — Est-il bon de s'enivrer une fois par mois? — La femme estelle un ouvrage imparfait de la nature? — L'étemument est-il un acte naturel? — Les bâtards ont-iLs plus d'esprit que les enfants légitimes? — Faut-il tenir compte des phases de la lune pour la coupe des cheveux? — sans compter les jeux de mots, comme celuici : i4w modicus cibi^ medicus sibi? etc.
Les thèses de la Faculté remontent à la plus haute antiquité. Longtemps bornées à de simples propositions, elles avaient fini par prendre, avec le progrès des temps, des développements plus considérables. Parfois même elles étaient enrichies d'enluminures plus ou moins somptueuses, qui pouvaient les faire rechercher pour rimage\ Ainsi, on y faisait graver le portrait d'un bienfaiteur, des armoiries enguirlandées, ou quelque emblème sentimental. Elles portaient pour épigraphe ces mots : Virgini Deiparœ et sancto Lucœ. Toutes, quelle qu'en fût d'ailleurs l'étendue, avaient une forme invariable. Elles se composaient de cinq articles : dans le premier on donnait l'exposition du sujet, et on posait la majeure ; dans le second on la développait ; le troisième et le quatrième article étaient consacrés l'un à établir, l'autre à commenter la mineure, Ehfin, dans le