TRIOMPHE DE GUÉNAUT
avec de légers purgatifs, sans aucun besoin de vin émétique, comme ils publient qu'on lui a donné. » — Cependant bientôt la chose n'est que trop certaine, et il n'y a plus moyen d'en douter ^ Alors il l'interprète à sa manière, fait des distinctions, des restrictions, a Ce n'est pas la peine de dire que le vin émétique a sauvé le roi, vu qu'il en a pris si peu qu'il ne se peut moins ; et même le roi ne voulut point prendre l'autre remède, qu'ils ne lui jurassent qu'il n'y avait point de vin émétique, tant il le haïssait encore. Ce qui a sauvé le roi, a été son innocence, son âge fort et robuste, neuf bonnes saignées, et les prières des gens de bien comme nous. »
XV. Guy Patin a beau dire et protester, la lutfe devenait impossible. Guénaut eut bien le mauvais goût de se plaindre de la modicité de ses honoraires. L'ingrat n'eût-il rien reçu, qu'il eût encore été largement récompensé par la gloire qu'il en recueillit. Ce fut une véritable ovation. De toutes parts les poètes célébrèrent ses louanges et celles de son remède favori. On lui appliquait le fameux Veni^ vidi^ vici, de Jules César. Voici un sonnet de Scarron à cette occasion.
A M, Guénaut f sur la maladie du roi.
Le plus aimable roi qu'ail adoré la France, Le plqs digne héros que notre siècle ait vu ,
t . Il paraîtrait même que le roi prit de Témétique , non pas une» mais deux fois. (Voy. les Mémoires de Mademoiselle de Montpensier.)