Horace, Epilres, I
« Mente minus validus quam covpore ioto, Nil audire velim, 7iil discere, quod levet œgrum; Fidis offendar medicis, irascar amicis, Cur me funesto properent arcere velerno. «
l.i:S MIÎDECINS. 127
vieillards, se vanter, comme Sénèque, de pouvoir, aux Caleniles de janvier, plonger leur corps frissonnant dans YAqua Virgo, la plus IVoide des eaux romaines.
Grâce à l liydrolliérapie, ainsi mise en vogue el vulgarisée, Anlonius Musa fut respecté, non seulement comme le premier médecin de son époque, mais comme un chef d'école, un fondateur de secte. Il n'a aucun droit à ce litre. On n'est pas un inventeur parce qu'on fait des bains froids et des douches la base de sa thérapeutique; et Antonius Musa l'était d'autant moins, que cette idée ne lui appartenait pas. Asclépiadcs, dont il était, en somme, le disciple, l'avait eue déjà, et prescrivait ce régime à ceux de ses malades dont il voulait resserrer les tissus. Xc l'appelait-on pas le donneur d'eau froide"! Cette eau froide, Hippocrale, longtemps auparavant, l'avait recommandée, lui aussi, pour certaines afl'ections telles <{ue l'arthrile, le tétanos et la dysenterie. Mais s'il n'est pas un savant, s'il n'a aucun droit à prendre place aux côtés des Mérophilc, des Érasistrate et des Asclépiades, Antonius Musa est, en revanche, un. guérisseur très habile et très heureux. Et si Galien le couvre d'éloges et le met au nombre des médecins les plus célèbres, c'est parce qu'il reconnaît en lui ce qu'il était lui-même, un excellent praticien.
C'est là que fut la supériorité d'Antonius Musa. Aussi indilîérent (pie Thémison aux causes cachées des maladies, el moins soucieux d'inventer des théo-
ries nouvelles que de trouver des remèdes pratiques et salutaires, il fit de nombreuses recherches sur les propriétés des substances médicales, et on lui doit beaucoup de formules contre diverses maladies. Il en composa pour les ulcères, les catarrhes, les douleurs néphrétiques, Tozène, les maladies des yeux. Et, parmi ces remèdes, deux surtout ont fait une longue fortune, celui qu'il préparait avec de la chair de vipère et celui où entraient des excréments blancs de chien mélangés avec du miel. Le premier de ces deux médicaments n'était pas nouveau de son temps : les paysans remployaient déjà, mais sans se préoccuper si le serpent qu'ils mettaient ainsi en pûtée était réellement une vipère; et Craterus l'avait expérimenté sur un de ses esclaves chez qui la chair se détachait des os. Ouant au second, Galien en faisait le plus grand cas. « Antonius Musa a bien raison, dit-il, de le prescrire; nous ne connaissons pas de meilleur remède pour l'angine, Finflammation des amygdales et les suffocations causées par les glandes. «
Où le praticien se retrouve encore, c'est dans les conseils généraux qu'il donnait à ses malades. Musa faisait en sorte que ceux-ci, pendant son absence,
1. Au xiv-o siècle, et même plus lard, ce remède était encore très en honneur. On raconte qu'en 1372 un évèque, atteint de la lèpre et de rélcphanliasis, fut guéri de la sorte par un médecin de Padoue. Dans la suite, la ciguë remplaça la vipère. 11 entrait aussi de la chair de vipère pilée dans la composition de la Thériaque et de l'orviétan. Ce remède était considéré comme dépuratif et cordial. Voir chapitre ix.
pussent reconnaître la nature de leurs maladies et se soigner eux-mêmes. « Le petit traité que j'ai composé pour toi, écrivait-il à Mécène, est rédigé dételle façon qu'il pourra très bien me remplacer, et qu'en le lisant tu t'imagineras m'avoir auprès de toi *. »
Pour être son propre médecin, pensait Antonius -Musa, il faut bien connaître les parties du corps où naissent les maladies, les symptômes de ces maladies, et les remèdes propres à les combattre. Or, ces parties sont : la tète, la poitrine, le ventre et la vessie. Une lourdeur aux sourcils, des larmes dans les yeux, des battements dans les tempes, des bourdonnements d'oreilles et l'absence d'odorat caractérisent les douleurs de tète. Il faut alors faire bouillir dans l'eau de riiysope et de l'origan sauvage, garder le plus longtemps possible dans la bouche la tisane ainsi préparée, et se tenir au chaud, — La poitrine à son tour est malade, si le corps se couvre de sueur, si la langue est épaisse, l'haleine mauvaise, la gorge douloureuse et irritée par une toux sèche, si les membres sont mous, enfin si l'âme est triste. Vomir, soit à jeun, soit après le repas, soit pendant le bain, est alors le meilleur remède. On rendra surtout de la bile; et la bile, comme avait dit Hippocrate, et comme le répète Musa, est la mère de presque toutes les maladies. Toutefois (et nous retrouvons ici le disciple d'Asclépiades), il ne faut pas abuser des vomi-
]. « lia, me lecum hahebis, si Ubellum meum lerjendo s.rpius tmcfabis, qui pleniiis libi, me absente, pv.-eslare consilium in omnibus poterit. »
lifs, qui (lélruiscnl rcslomac. On peut le plus souvent les remplacer par un jeûne régulier, revenant tous les dix jours. — Les transes, une grande lourdeur dans les reins , des tremblements dans les genoux, des accès de fièvre et de l'amertume dans la bouche annoncent les maladies d'intestins. Les purgations, le jeûne, prolongé deux jours s'il le faut, et suivi d'une nourriture très légère, des œufs à la coque par exemple, arrêteront les douleurs et empêcheront des complications graves , telles que la dysenterie, la fièvre tierce et quarte, la goutte aux pieds et aux mains, les maladies articulaires, la folie. — Il est bien facile aussi de reconnaître les symptômes d'une maladie de vessie. L'urine de l'homme sain doit ôtre blanche le matin et après la sieste de l'après-midi; elle se colore, au contraire, après les promenades, qui la troublent. Si elle est foncée aux heures où elle doit être claire, c'est signe qu'on ne se porte pas bien ; et le mal s'aggrave si le ventre se gonfle, si l'on dort lourdement, si l'on ouvre souvent la bouche, comme pour bâiller, mais sans bâiller. Il faut alors boire deuxcyathes de tisane composée, soit de fenouil et d'ache, ou de graines de lentille et de serpolet infusées dans du vin sec, soit de graines de daucus et de racines d'asperge bouilhes dans l'eau. — Ce sont là, ajoute Musa des remèdes très simples, qu'on peut s'ordonner et s'ad-
1. Reliqua dilir/enti medico pevmittenda sunt, quia juxta morbum débet adhibere medicinam. »
ministrer soi-même. Mais il ne faul pas s en appliquer d'aulres sans rintervenlion du médecin.
Celte façon de comprendre Tari de guérir et de le pratiquer, au besoin par correspondance, ce souci de le mettre à la portée de tous, ce mépris de la recherche des causes, expliquent qu'Antonius Musa ait paru le plus souvent négligeable aux théoriciens savants, aux historiens de la médecine. Mais si l'on se place à un point de vue moins particulier, si l'on veut suivre les progrès politiques des médecins grecs et leurs efforts pour s'élever dans la société romaine à une situation honorable, alors le règne d'Auguste devient pour le sujet qui nous occupe, comme à tout autre égard, une époque très intéressante, cl Antonius Musa un personnage très important. Il n'a pas, il est vrai, le génie d'un Asclépiadcs ou d'un Galien; mais alors même qu'il l'eût possédé, aurait-il pu le manifester? Les médecins établis à Rome avant le décret de César pouvaient songer à créer des systèmes. C'était, pour ceux à qui le souci de faire forlune ne suffisait pas, une consolation, un moyen d'oublier qu'ils n'étaient rien dans la cité romaine. De môme, les successeurs d'Antonius Musa pourront revenir aux études personnelles , aux recherches fécondes : ils auront , avec l'estime de tous les hommes intelligents, l'indépendance et la liberté d'esprit nécessaires aux grands travaux. Au contraire, à l'époque d'Auguste, les médecins se trouvent dans une situation indécise et précaire. Ils ont déjà conquis quelque chose, mais il leur reste encore
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beaucoup à conquérir. On comprend alors qu'ils aient rôvc à autre chose qu'à de nouveaux systèmes. La première faveur accordée par César les a mis en appétit, et ils marchent vers de nouvelles victoires. Eh bien, cette poussée vers les honneurs, cet effort général pour afiranchir et glorifier la profession médicale, c'est Antonius Musa qui les personnifie. Sans doute, il n'a pas enrichi la médecine de théories nouvelles. On l'a vu : par l'hydrothérapie, il est le disciple d'Asclépiadcs, et par le peu d'attention qu'il prèle aux causes des maladies, il est celui de Thémison Mais, plus qu'aucun de ses prédécesseurs et de ses successeurs, il a par son crédit, dont profitent tous ses confrères, créé pour les médecins une situation privilégiée qui , désormais assurée, ira chaque jour s'améliorant.
En eflet, si la médecine ne lui doit aucun progrès scientifique, les médecins, en revanche, lui doivent beaucoup d'avantages matériels.
Le temps sans doute n'est pas encore venu pour eux d'occuper les plus hautes fonctions, d'être, comme plus tard Vindicianus, proconsul d'Afrique, ou comme Ausone, le père du poète, préfet d'Illyrie. Mais ils conquièrent chaque jour de nouvelles prérogatives. Le décret d'Auguste qui, dans une année
1. Cependant, il se sépare de lui sur un point, puisque, comme on l'a vu plus haut, il recherchait, sinon les causes, du moins le siège du mal; el Thémison ne se préoccupait pas plus de l'un que de l'autre. Voir Daremberg, Histoire des sciences médicales, t. I, p. 183, note 2.
(le grando disotlo, chassa tant de pauvres gens d'Ilalio, les excepte expressément. Ils sont dispensés de tout impôt. Surtout, ils pénètrent dans la familiarité de l'Empereur, dans le palais, où leurs fonctions, d'ordre privé d'abord, seront bientôt officiellement constituées. Ils entrent aussi dans l'administration civile et militaire. Il y a des médecins attachés à l'intendance générale du domaine \ aux bibliothèques publiques du Palatin et du portique d'Octavie *, aux jeux du cirque ^ et de l'amphithéâtre, aux écoles de gladiateurs*. Il y en a qui, semblables peut-être à nos médecins de quartier, sont chargés de veiller sur la santé publique dans certaines régions déterminées. Tels sont C. Julius Euxinus, médecin des jardins de Salluste, lieu devenu public
1. <• Diis Manihus. Flavio Pœderoti, Augusti lihorto, Alciiniaiio, supcrposilo medicorum ex ratione pulrimonii. L.x'lonia l'osla conjugi bcnc nicrenli, sibi([uc et suis poslcristiuc eoi'um fccit. »
2. « Diis Manibus. Claudiaî Eulychifc, conjugi sanclissimfe, l)enc mcrcnti, et O. Domitio Ilelici Ilyinenanis, medicus a bibiiolhecis, et Domitia Pannychis sibi et suis postcrisque eoi'uin. »
3. Dans phisicurs inscriptions, donnant les noms dos menibres de la famille aui'igain» d'un citoyen romain, figurent des médecins, Hyllus medicus, M. Vi})saiiius Rufinus, faclionis Venelœ, M. Antonius Primigenius, medicus faclionis russalie, etc.
4. « Eulycluis, Augusti libertus, medicus liidi malulini i'ecit sibi et Irène libertœ, conjugi carissinifB, benc mcritœ, et libertis libertabusquc , posterisque eorum. » — On peut signaler également (si toutefois l'inscription suivante est bien authentique), un médecin de l'administration du grand chorègc : « P. jDlius Agathemcrus, Augusti libertus, medicus rationis summi choraçjii, fecit sibi et /Elice Iort{e, conjugi bene merenti, et libertis libertabusque suis, posterisque eorum.
134 LES GHECS A ROME.
et peuplé de nombreux établissements de plaisir qui exigeaient beaucoup d'employés; et M. Junius Dionysius, médecin des jardins de Lucullus Toutes les villes d'ailleurs ont des médecins municipaux; et cette coutume, venue de Grèce et très ancienne, Auguste la respecte et la régularise. C'est à ces fonctionnaires publics qu'il appartient de prendre toutes les mesures d'hygiène nécessaires, de veiller à l'assainissement des maisons et des rues, de soigner les pauvres et do faire des élèves ^ En échange, ils reçoivent un traitement annuel et jouissent de précieuses immunités.
Il y a aussi des médecins militaires. La création dos armées permanentes, l'établissement de deux flottes, à Misène et à Ravenne, nécessitent l'organisation dans les camps et sur les navires d'un service médical régulier^. Il faut des hôpitaux, des infir-
1. C. Junius Euxinus, medicus ex hortù Sallustianis, vixit annis LXXX; — Julia, C. libcrla, vixit annis LVI. — Diis Maiiihus. M. .Junio Dionysio, medico de Lucillianis (pour Lucidlianis ; voir Tacite, Annales, XI, 37) Titulena Justa conjugi benc mcrcnti, et sibi, et suis libertis libertabusque, posterisquc eorum. •• Ces jardins de Lucullus ne furent ouverts au public qu'après la mort de Messaline, qui en était propriétaire. C'est là que fut assassinée l'épouse débauchée de Claude.
2. « Honesie obsequi lenuioribus nialint quam turpiler servire divitibus », dira plus tard le code de Justinien, et :
Mercedes etiam cis et salaria reddi jubemus, quo facilius liberalibus studiis et memoralis arlibus mullos instituant «. Voir à ce sujet, VArc/iialrie romaine ou la médecine officielle dans V Empire romain, parle docteur R. Briau, cliap. m, et notre chapitre xn.
3. Voir Du service de santé militaire chez les Romains, par le docteur R, Briau.
meries, un personnel pour soigner les soldats et les marins malades. Des fonctions nouvelles sont donc créées, dont les titulaires portent les noms de Medicus m'ditum, medicus cohortis, medkus castrensis^ optio valetudinarii \ medicus ex triremi, etc. Ces charges, très souhaitées, et complaisamment mentionnées sur les monuments épigraphiques ^ assurent à ceux qui les exercent une situation honorable, puisqu'ils sont cités sur les inscriptions tout de suite après les officiers, en compagnie des principales ou adjudants, et des avantages matériels, puisque, figurant sur les rôles, ils sont nourris par l'État, reçoivent une solde, parfois même une double solde, comme l'indique le titre DupUcarius, et sont affranchis de toutes charges civiles
Mais le médecin ne devient pas seulement sous Auguste un fonctionnaire; il devient aussi une per-
1. Les optiones étaient des aides-médecins, supérieurs aux infirmiers, quelque chose comme les internes de nos hôpitaux.
2. ■< Asclepio et saluti commilitonum. S. Titius Alexandcr, medicus coliorlis quintœ prsetorix donum dédit. » — Diis Manibus. L. Cœlii Arriani, medici legionis secundœ italic/e qui vixit annos XXXXVIIII, menses VII, Scribonia Faustina conjugi carissimo, » — « Domui divinaî Augustorum L. Caicilius Uri>anus, optio valeludinarii, curalor operis armarii, posuit. » — " Diis maniiîus. C. Octavius Fronlo, quondam medicus duplicarius ex Iriremi Tigride, nationc Cilix, C. Julius Favianus, manipularis, fralri suo bene merenti fecit. »
3. Ces immunités seront plus tard indi([uées d'une façon très précise dans le code Justinien, où on lit ce passage : '< Imperator Antoninus Numisio. — Cum te medicum legionis secundœ Adjulricis esse dicas, munera civilia, quamdiu rei publics causa abfueris, suscipere non cogeris..,. »
136 LKS GRECS A ROME.
S07ine morale et juridique. Jusqu'alors, quand ils arrivaient de Grèce, les médecins se voyaient isolés, abandonnés à eux-mêmes. Le plus souvent ils ne trouvaient chez leurs confrères qu'indifl'érence, mauvaise volonté ou jalousie. On se rappelle comme ils étaient traités parle vieux Galon. Le décret de Gésar, le premier acte officiel qui ait gratifié du droit de cité toute une corporation, a fait mieux que de les émanciper; il leur a montré qu'ils formaient un corps, qu'ils pouvaient et devaient être solidaires les uns des autres. Sans doute, ils ne le seront pas toujours; et leurs rivalités, dont on trouvera au temps de Galion de curieux exemples, persisteront très violentes; mais, du moins, ont-ils d'ores et déjà les moyens de se tenir, s'ils le veulent , et do se soutenir mutuellement. Dans cette ville, où les associations abondent, et dans la plupart des villes do l'Empire, ils vont fonder, eux aussi, des associations, des collèges. Et cela même prouve la bienveillance du pouvoir à leur égard, puisque Auguste, renouvelant l'interdiction portée par la loi Julia, supprima toutes les associations qui n'étaient pas très anciennes, et n'en autorisa de nouvelles que très difficilement. G'est à partir de son règne que les médecins forment vraiment une corporation. En prenant riial)itude do se proclamer élèves de tel ou tel, ils créent des dynasties cl des traditions médicales; en s'enlouranl de disciples, qui les accompagnent au chevet dos malados, ils fondent un enseignement pratique et clinique de la médecine. Ils y joignent même un
onscignomont théorique, et préparent les progrès de la science, en se réunissant à certains jours pour engager sur les diverses sectes ces discussions l'ameuses que Gelse, loul à riieure, résumera si vivement. Ces assemblées se tiennent un peu partout d'abord, dans les gymnases, au temple de la Paix, à la bibliothèque Palatine; mais bientôt la corporation
Soldats blessés apportés et soignés au valeludinariwm. (D'après un has-rclicf Je la colonne Trajano.)
des médecins, comme toutes les autres sodalités, a un local à elle, des archives, des bureaux, des employés ^ C'est la Schola medicorum^ une jeune rivale de la grande école, toujours florissante, d'Alexandrie.
Construite sur l'Esquilin, vraisemblablement pen-
1. ■< Dits Maniljus. T. Aurclius Telospliorus, scrlhn medicorum. »
dant lo rt'gnc d'Auguste au moment où cette colline malsaine et mal fréquentée devenait, grAce à Mécène, un des plus riches quartiers de la ville, la Scliola medicorum atteste Texistence à Rome d'une sorte d'Académie, où les médecins se réunissaient pour discuter, professer, faire des expériences et lire leurs travaux, comme les écrivains, amis des lectures publiques, créées précisément à la même époque, venaient dans les Audiioria soumettre leurs ouvrages au jugement des lettrés.
En 1874, on a retrouvé sur l'Esquilin un de ces Audiioria ; mais la Schola medicorum a disparu. De cet établissement, dont les voyageurs du xvi^ siècle admiraient encore les ruines grandioses, décorées de peintures et de marbres précieux, il ne reste aujourd'hui qu'une mosaïque conservée à la villa Albani. On y voit sept médecins réunis : l'un d'eux est peutêtre Antonius Musa.
1. On en serait sûr, si l'on pouvait affirmer, l'autlienticité (le cette inscription offerte par M. Livius Eutychus, affranchi de Livie, à un autre affranclii de la même maison, M. Livius Celsus, secrétaire de l'École des médecins : « M. Livio Celso lahulario sc/iohe inedicoritm M. Livius Eutychus... ». Après avoir cité ce document, Wilmans dit : Num genuina? yVvec Orelli et Ilcnzen, nous croyons à son authenticité, et nous osons dire avec Muralori : « Nunc primum agnoscimus medicorum Scholam, imperanle Augusto ».