‹ Les Médecins grecsChapitre 16 sur 19 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Nous avons fini avec les médecins grecs depuis la mort de Galien. Démétrius Pépagoménos et Nicolas le Myrepse sont les derniers représentants de la médecine grecque au moyen âge. Science d'observation pure avec Hippocrate, elle commence à être expérimentale avec Galien, qui tire de ses expérimentations des conclusions quelquefois exactes, quelquefois erronées ou prématurées. En étudiant les médecins, ses successeurs , on comprend néanmoins la place si importante qu'il a tenue et qu'il a gardée si long temps. Il avait posé les bases de la physiologie et de la médecine expérimentale ; des siècles se passeront avant que la médecine prenne le caractère vraiment scientifique que lui donneront les découvertes de la circulation du sang, qui ne sont que le prélude de découvertes plu gimportantes encore.Mais au déclin du moyen âge, elle retombera dans le chaos, entraînée par les doctrines religieuses de l'Orient, se confondant et se mêlant avec les systèmes philosophiques de la Grèce, avec les dogmes du christianisme, avec le mysticisme.

Qu'ont produit les médecins que nous avons cités dans les pages précédentes? Peu de choses sans doute. Nous devons à Antyllos la première description du traitement de Tanévrysme par l'ouverture du sac, les premiers essais de résections osseuses dans la continuité et dans la contiguïté. Si Oribase n'a presque rien ajouté à Tanatomie de Galien, nous lui devons la description des glandes salivaires et surtout le Recueil médical qui nous fait bien connaître la médecine au iv® siècle et qui nous a conservé les noms et les travaux des médecins dont les ouvrages étaient perdus. Aétius ne fut qu'un compilateur ; mais c'est chez lui que nous trouverons les détails les plus pratiques sur les maladies des yeux, sur les cautères et les révulsifs dans la paralysie et Tasthme, sur les ponctions ou piqûres dans les

hydropisies, sur le dragonneau, sur la pharmacie des Égyptiens.

C'est le seul médecin que fournisse le v* siècle.

Le VI® siècle ne nous laisse aussi qu'un nom qui soit parvenu jusqu'à nous; c'est Alexandre de Tralles, qui a joui à son époque d'une juste considération comme praticien, et qui peut être considéré comme le plus grand médecin du moyen âge. Il mériterait d'être traduit en français.

Au VIP siècle, nous trouvons Théophile le Protospatharios, à qui nous devons la première description des nerfs de l'odorat ; Stéphanos ou Etienne d'Athènes et Paul d'Egine, qui nous donne un résumé très clair de la chirurgie à son époque: c'était le livre classique de notre ancienne Faculté.

Le VIII® siècle est moins riche : il ne nous a fourni que Jacques le Psychreste, praticien fort à la mode et fort recherché de son temps. Damascius et Mélétios n'ont guère droit qu'à une simple citation.

Le x« siècle nous a laissé deux noms un peu connus; ce sont Théophanès Nonnos et Mercurios, deux compilateurs.

Le XI® siècle et les siècles suivants n'ont guère produit que des thérapeu listes : il n'en pouvait être autrement, puisqu'on croyait que la médecine et la chirurgie avaient dit leur dernier mot. L'Ecole d'Alexandrie avait élargi cette voie ; les Arabes avaient augmenté la matière médicale, et la polypharmacie était dans toute sa prospérité. Mais nous sommes en pleine décadence byzantine et Siméon et Michel Psellos, au xi® siècle, Jean Actuarius, Démétrius Pépagomenos et ^'icolas le Myrepse jetteront les dernières lueurs d'une lumière qui va s'éteindre, après avoir brillé du plus vif éclat avec flippocrate et Galien et

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