Chapitre XL VIII. Des médicaments contre les maux 3'oreilles
Cet ouvrage a été traduit pour la première fois du grec en latin par Léonhard Puchs. La première édition a été imprimée à Baie, en 1549, sous ce titre : Nicolai Myrepst Alexan^ drini medicamentorum optes, in sectiones quadringenta octo digeslum,.. in-^ (B. F. M. P.839). Henri Estienne Ta reproduit dans Medtcœ Artis principes, 1567 (425).
L'édition de Francfort, 1626, in-8, a un titre différent, quoique le texte soit le même : Nicolai Myrepsi Aleœandrini, alias Prœpositiy medict Grœci receniissimi dispensatorium medicum : Sive de recia medicamentorv/m prœparatione et usu (B. F. M. P. 30451). Le traducteur Puchs a ajouté beaucoup de notes explicatives, scientifiques, historiques et philologiques. Ces explications sont parfois nécessaires, car on trouve dans Nicolas le Myrepse beaucoup de médicaments qui ne sont indiqués dans aucun de ses prédécesseurs, et sous des désignations empruntées à une langue en décadence ou à la langue arabe.
L'édition de Nuremberg de 1658 paraît préférable. (Bib. ^•le . Te *^ 28.)
Nicolas le Myrepse a été jusqu'au xvii® siècle le véritable Codeœ pharmaceutictis de ISL Faculté de Paris. Néanmoins on constatait qu'il vieillissait. Eu 1550, les magistrats avaient demandé sa revision, et aux États de Blois, en 1577, la Faculté de médecine s'était engagée à publier un nouveau Codex. Mais cette promesse était restée lettre morte, car vingt ans après, on attendait encore. Le 29 décembre 1651, la Faculté nomma une commission de quinze membres (1) qui se mit à l'œuvre. C'en était fait de Nicolas le Myrepse : toutefois on dut attendre encore près d'un siècle avant d'avoir le livre tant promis.
D'après le titre de l'édition de Francfort, Nicolas le Myrepse, d'Alexandrie, et Nicolas Prsepositus seraient le même personnage. C'est une opinion que ne partagent pas tous les historiens de la médecine. Quelques-uns pensent que Nico-
(1) Commentaires de la Faculté de Paris, t. XIII, î^ 494.
MAXIMUS PLANUDÈS. 171
las Prsepositus (le prévôt) était de Salerne et postérieur de deux siècles à Nicolas le Myrepse. L'ouvrage publié sous le nom de Nicolas Praepositus est également rédigé par ordre alphabétique : nous y trouvons la préparation des pilules de cynoglosse, des pilules ante cibum, etc. L'ouvrage a pour titre Antidotarium^ et comprend 142 formules. Il est suivi d'un petit traité ayant pour titre : Tractatus quidpro quo, qui est un petit in-f° de 14 pages, dans lequel Tauteur indique les succédanés, les synonymes. (B. M. F. P. 6520.) Nicolas Praepositus était, selon quelques historiens, un des médecins remarquables de TÈcole de Salerne. Dans ces conditions, sa place ne serait pas parmi les médecins grecs.
Il existe aussi un ouvrage grec, ayant pour auteur Nicolas d'Alexandrie, el qui a été traduit en latin par Nicolas de Reggio, en Calabre. Il a ^^onv iiXvQ : Nicolai Aleœandrini medïct grœct vêtus tissimï Liber de compositione medicamentorum, secundum ioca, a Nicolao Rhegino Calabro, è Grœco in latinum translatas, Gà livre a été imprimé à Venise en 1560 (B. F. M. P. 30452), et est accompagné de notes par Jean Agricola Ammonius. C'est un petit traité de matière médicale, de 241 ff., une sorte de formulaire, contenant 1065 articles. C'est de la poly pharmacie dans toute son abondance.
Des historiens pensent que c'est le même personnage que Nicolas le Myrepse.
On voit, en résumé, qu'il y a bien de l'incertitude sur l'identité des trois médecins qui ont porté le nom de Nicolas. N'ayant aucune preuve certaine à apporter dans cette question, nous préférons laisser à d'autres le soin, assez peu important, de la trancher d'une façon définitive.
MAXIMUS PLANUDÈS.
Maximus Planudès (MoéÇiptoç 6 nxavou^ç) était d'après Fabricius (BibL Grœc, t. IV, p. 420) un moine de Constantino-
pie, grammairien et rhéteur, qui fut envoyé vers 1327, par Andronicus II, comme prédicateur chez les Vén êtes. Il serait mort vers 1353.
Fabricius lui attribue trente-huit opuscules sur la littérature, la philosophie, la religion. Parmi ces opuscules, il en est un qui a trait à la médecine ; il a pour titre : Uspl tûv
6eXi(ùv iraaêdv tûv àoOeveiûv tûv h toXç àvôpcdTCoiç, iirepxoH'Svcav orixoi» OU
Préceptes sur les urines des hommes malades. Il a été reproduit par Ideler (t. II, p. 318) et consiste en cinq pages qui comprennent, dans 43 alinéas, tout ce que Maximus savait sur les urines. Cet opuscule n'a jamais été traduit en Français et nous n*eu connaissons aucune traduction latine, ce qui n'est pas une perte pour la science, nipourThistoirede la médecine, ni pour la littérature. Son style est peu clair et il fourmille de néologismes et de mots empruntés àParabe et au latin de la décadence. Maximus pousse loin Texamen des urines, mais il s'en tient presque à la couleur, et il en tire des conséquences, pas toujours exactes pour le diagnostic et pour le traitement des maladies. Il leur reconnaît treize caractères qui sont les suivants : elles sont blanches, jaunes, roses, rousses, sanguinolentes, jaunes safranées, jaunes citrines, noires, incolores comme de l'eau, blanchâtres, troubles, légèrement bourbeuses, et enfin bourbeuses et épaisses.
Cet opuscule ne révèle aucun esprit scientifique. L'auteur semble avoir recueilli quelques préceptes et les avoir consignés un peu au hasard. 11 n'y a rien à gagner à sa lecture.