ÉDUCATION MATERNELLE
L’éducation, qui embrasse la vie entière de l’homme, ue pourrait-elle pas être définie : l'art de relever l'humanité déchue (educere)?
Souvenirs d'un ancien médecin.
L’éducation de l’homme commence au berceau. En cultivant l’esprit de l’enfance, on doit en même temps former le cœur, et ne pas perdre de vue que l’éducation consiste moins dans ce qu’on apprend, que dans les bonnes habitudes de l’esprit, du cœur, et des actes de la vie. Si l’éducation n est ni religieuse ni morale; si l’enfant ne rencontre aucun obstacle à ses volontés, à ses caprices ; si tout
cède à ses désirs, comment se façonnera-t-il aux contrariétés dont la vie est semée ?
Esquirol, Des Maladies mentales.
Malheureusement, l’éducation que reçoit aujourd’hui la jeunesse n’est pas de nature à régler, à refréner ses passions. On élève les jeunes gens comme si la vie n’avait pas de lendemain, comme s’il n’y avait pas pour eux d’autres intérêts que ceux d’ici-bas; on cherche à en faire des hommes de science, mais on s’occupe fort peu de leur moral.
Belocino, Des Passions.
L’éducation devrait être une arche sacrée, où nul ne pourrait porter la main, sans offrir à la société tontes les garanties possibles. On ne devrait admettre dans le corps enseignant que des hommes d’une moralité à toute épreuve, et surtout profondément religieux. S’il en était ainsi, la jeunesse, nourrie des croyances qui seules peuvent faire de bons citoyens, offrirait à l’avenir de consolantes garanties d’ordre et de prospérité.
Le même, ibid.
L’éducation est la base de la discipline sociale; la morale, dont elle inculque les principes, est le correctif de tous les mauvais penchants. La religion chrétienne, qui donne aux principes de la morale une consécration divine, révèle à l’homme sa mission sur la terre, et lui indique, dans une vie à venir, les récompenses et les peines qu’il aura méritées.
Martin jeune (de Montpellier), l)e l'Habitude.
\u LES médecins moralistes.
L’influence de l’éducation est immense sur les destinées de l’homme. Celui-ci naît avec toutes les aptitudes, mais il faut que l’éducation les fasse développer. Si elle manque, les mauvais penchants et la concupiscence prennent le dessus et étouffent les germes de vertu qui dormaient en lui.
Brachet, Physiologie de l’Homme.
Si l’éducation ancienne négligeait trop l’intelligence des jeunes fdles, l’éducation moderne veut trop l’agrandir et l’exalter. Que cet enseignement soit suffisant pour ajouter au bonheur, et non pour lui nuire.
Le même, Trailé de l'Hystérie.
La morale demande l’éducation, et la physiologie en démontre la possibilité.
Dofieux, Nature et Virginité.
Il est malheureusement vrai que l’éducation ne s’attache point assez à imprimer dans l’âme le sentiment des devoirs ; c’est parce que la plupart des hommes n’ont que des notions confuses, fausses, sur ce sujet, qu’il règne une aussi grande anarchie dans les idées.
Brierre de Boismont, Du Suicide.