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ABSTINENCE ET JEUNE

On doit s’abstenir de viande et d’une portion de ses aliments à certains jours, pour donner une marque de sa dépendance à l’autorité établie par Dieu même. Qu’y a-t-il de si intolérable dans tous ces préceptes pour en avoir fait le sujet de sarcasmes et de railleries ? Hé quoi ! des hommes sans mission ont des ordres à donner à leurs semblables, et l’Éternel n’aura pas le droit de faire des commandements pour éprouver ses créatures raisonnables !

Récàmier, Encyclopédie du xix° siècle, art. Abstinence.

Les lois ecclésiastiques sur l’abstinence et le jeûne ont été instituées dans un triple but d’économie politique , d’hygiène , d'expiation, et elles dénotent autant le savoir et la prudence de ceux qui les ont faites, que l’ignorance ou la légèreté des prétendus esprits forts qui les critiquent.

Desccbet, La Médecine des Passions.

Le jeune, le maigre et diverses autres austérités, sont assurément des devoirs imposés par l’Église comme œuvre d’expiation, comme un hommage rendu à la Divinité et aux

souffrances que le Fils de l’homme a endurées pour le salut des hommes ; mais, indépendamment de ce but purement spirituel et religieux, il est évident que l’Église s’en est proposé un autre tout à fait matériel, la conservation de la santé.

Pointe, Hygiène des Collèges.

Logiquement, non moins que religieusement, l’observance des jeûnes et des jours maigres est une loi de conservation, une loi de santé publique et morale ; aussi, nous devons admirer la profonde sagesse, le génie d’observation des législateurs de la conscience, qui ont su grouper, sous un précepte dogmatique, des principes d’hygiène applicables au plus grand nombre.

P. Bellemont, Le Courrier des Familles.

Quoi de plus propre à maintenir la modération, la prudence, la sagesse, la pureté de mœurs que cette diète végétale, que ces jeûnes, gardiens de toutes les vertus ?

Virey, Dictionnaire des Sciences médicales.

Non-seulement l’abstinence, le jeûne et la tempérance servent à l’acquisition de toutes les vertus, mais ce sont encore les pures, les vives sources où nos âmes amollies par les plaisirs vont se retremper pour y ressaisir leur vigueur et leur activité premières.

Le I’. Derreyne, trappiste, docteur en médecine, Théologie morale .

Le jeune élève et fortifie l’esprit. C’est dans le jeûne,

1 abstinence et le silence des passions que naissent les plus hautes pensées et mûrissent les plus hautes conceptions.

Le même, ihid.

PENSÉES, MAXIMES ET RÉFLEXIONS. .fi

L’homme qui se conserve le mieux est souvent celui qui emploie le. moins pour sa subsistance : l’art cle bien

vivre est l’art de s’abstenir.

Aubert, Physiologie des Passions.

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